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Migrations

Migration

Migrants, migration de masse, réfugiés, émigrés, immigrés, tous ces termes pour désigner des femmes et des hommes qui quittent, par choix ou par obligation, leurs pays pour trouver ailleurs une vie meilleure, plus sûre, avec une perspective d’avenir. Ces derniers mois, l’Europe subit une vague migratoire sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale. On pourrait même dire sans précédent tout court, puisque les réfugiés du dernier conflit mondial étaient principalement des ressortissants des pays de l’Europe géographique laquelle, dévastée, se divisait en deux mondes bien distincts.

Depuis 1945, jamais des conflits ouverts, larvés, n’ont été si proche de cette Europe redessinée depuis la chute de l’U.R.S.S et l’indépendance de toutes ces anciennes républiques.
Le conflit –qui ne dit pas son nom- en Ukraine qui, à ce jour, à tout de même coûté la vie à 7’000 civils et militaires, n’a pas provoqué de vague migratoire vers l’Ouest. Cela arrivera si le brasier explose et que le conflit se généralise ce qui pour l’heure semble ne pas être le cas. La Russie soufflant le chaud et le froid sur cet immense pays qu’est l’Ukraine.

Mais l’Europe voit arriver chaque jour près de 5’000 migrants en provenance d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, avec un niveau qui redescend quelque peu à la faveur de l’hiver, la traversée de la Méditerranée étant bien plus aléatoire. Nous avons tous vu à la télévision ces colonnes de milliers de personnes allant vers l’Allemagne, pays qui a décidé –avant de quelque peu modifier sa politique d’accueil- de leur ouvrir ses frontières. Tout le monde se demande comment l’Europe va pouvoir « digérer » ces vagues d’arrivants.

Qui sont les migrants ?

Les migrants arrivant en Europe proviennent essentiellement du Moyen-Orient, à savoir de Syrie, d’Egypte, d’Irak. Une partie provient des pays du Maghreb, la partie occidentale du monde arabe, soit de Tunisie, d’Algérie, du Maroc et de Libye. L’Europe est depuis plusieurs décennies l’objet d’une migration de la population du Maghreb. Les migrants proviennent aussi du sous-continent asiatique, soit du Pakistan et d’Afghanistan. Pour l’Afrique, la « Corne de l’Afrique » donne son lot de migrants provenant d’Erythrée, de Somalie, du Sud-Soudan et enfin, une part non-négligeable provient également de l’Afrique de l’Ouest et des pays qui la composent comme la Guinée Bissau, la Guinée Conakry, l’immense Nigéria, etc. Il est néanmoins très difficile de déterminer avec précision les différentes origines des migrants, en effet des pays comme l’Italie, la Grèce et certains pays des Balkans, sont littéralement submergés et incapables de faire face à ces arrivées massives de migrants, et ne les enregistrent même plus.

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Sont-ils des réfugiés ou des migrants ?

Les deux en fait. Voyons par origine quelques nationalités des migrants et la situation de leurs pays respectifs.

Les Syriens fuient un conflit sanglant qui a fait plus de 260’000 morts (2015). Il ne fait pas de doute que la situation en Syrie ne va pas se rétablir avant de bien longues années et il y a fort à parier que le pays ne retrouvera plus « sa forme » d’antan, entendez ses frontières notamment. Les Syriens sont donc considérés comme des réfugiés à juste titre.
Les Erythréens, eux, proviennent d’un pays qui n’est pas en guerre, mais qui est une dictature forçant notamment les jeunes à un long et esclavagiste service militaire, qui est en fait un moyen pour cet Etat d’obtenir un main d’œuvre très bon marché à son service. Le statut de réfugié est ici plus difficile à définir. Les Erythréens sont aujourd’hui présents en nombre en Suisse.

Les ressortissants du Maghreb sont généralement des migrants économiques qui fuient la précarité de leur pays d’origine. L’immense majorité sont des hommes, jeunes, souvent peu formés ou sans formation réelle ou alors ne pouvant être validée. Ils errent dans les pays de l’EU, grossissant les statistiques de la petite criminalité. L’Algérie constitue le gros du contingent. Notons ici que ce pays, pour des raisons de politique étrangère avec les pays occidentaux, ne reconnait pas ses ressortissants sans papiers d’identités valables. Ainsi les pays de L’EU et la Suisse ne peuvent même pas expulser les individus délinquants d’habitude.

Dans une moindre mesure, les Afghans fuient aussi un pays exsangue et en pleine guerre perpétuelle sur fond de lutte de pouvoirs régionaux, agrémenté d’Islam radical dans une société qui n’a guère évolué dans son fonctionnement depuis des centaines d’années, et ceci malgré un bref passage de la doctrine communiste après la deuxième guerre mondiale. Si les « Talibans », ennemis désignés par les USA comme étant la base du terrorisme islamiste, sont une partie du problème, l’Afghanistan est surtout un mélange explosif de tribus administrées par des clans ancestraux, qui règlent à leurs manières la société, les mœurs et la justice, si ces termes sont appropriés en l’espèce. Deux langues officielles pour 40 langues parlées dans le pays. Les migrants provenant d’Afghanistan ont pour but généralement l’Angleterre ou une importante diaspora est installée.

Les Africains de l’ouest enfin, sont à la fois des réfugiés et des migrants « économiques ». Bien sûr des pays comme la Guinée-Bissau ne sont pas des modèles de démocratie. Ces pays délabrés, gangrénés par la corruption, sont les cibles depuis quelques années d’organisations criminelles sud-américaines qui s’y installent en masse. Dans ces pays africains, la population est généralement laissée de côté par les élites qui détournent ouvertement les revenus et les aides internationales depuis des décennies. Certains pays connaissent une paix relative ces dernières années, favorisant aussi la migration des plus jeunes vers l’Europe et l’argent facile. La plupart de ses migrants n’ont qu’un objectif: S’installer durablement légalement ou illégalement afin de pouvoir procéder à l’envoi de capitaux via les sociétés de transferts de fonds (Western Union etc..) à l’intention de leurs familles.

L’impuissance des démocraties.

Force est de constater que les Etats européens sont incapables de gérer le problème ensemble. Visiblement, aucun stratège des pays de l’Union n’avait prévu une arrivée massive et sous cette forme de migrants. Ceci dit, il est fort probable que ces vagues étaient attendues. Les différents observatoires, qu’ils soient étatiques ou privés, ont bien évidemment pu anticiper ces mouvements migratoires. Les pays de l’ex U.R.S.S ont clairement fait savoir qu’ils ne voulaient pas de « quotas » de migrants, arguant qu’ils n’en ont pas les moyens. Pour exemple, l’attitude de la Hongrie en dit long sur la politique de ses autorités, dont le gouvernement nationaliste a choisi purement et simplement la fermeture physique de ses frontières. Et pourtant, l’Union européenne doit sa raison d’être à la force communautaire, or jamais démonstration d’autant de divergences n’aura été vue jusqu’ici. La puissante Allemagne voit sa politique d’accueil remise en question par sa population après les évènements du 31.12.2015 à Cologne. Ouvrons ici une parenthèse sur la situation en Suisse. Le peuple et les cantons ont voté en octobre 2010, par le biais d’une initiative populaire, une proposition de modification de l’article 21 de la constitution, afin de priver les étrangers coupables de certaines infractions graves d’un permis de séjour. Dans les faits, en Suisse, les étrangers sont surreprésentés dans les délits et crimes visés par la nouvelle loi. Rappelons que la population étrangère se monte en Suisse à presque 25%. Ne sont pas compris dans ces chiffres les personnes ne bénéficiant pas de documents d’identités (les illégaux). Ceux-ci grossissent les chiffres de la délinquance, mais la plupart ne peut être renvoyée dans leur pays, faute de collaboration des Etats concernés. L’initiative suisse, n’aura dans les faits que peu d’effet sur la criminalité.

L’Europe va changer.

Une lente transformation a désormais commencé en Europe. Les populations migrantes amènent leurs cultures, leurs coutumes. Le terme même « d’assimilation » sera bientôt aussi rejeté qu’un fumeur dans un restaurant, car devenu impossible en Europe (qui assimile qui?). Lorsque des millions de personnes se réclamant d’une même religion revendiqueront des changements sociaux, nos règles démocratiques ne pourront que les admettre. Il ne sera pas possible d’imposer aux nouveaux arrivants les règles de notre société. Il faut être intellectuellement honnête, avec 1 million de migrants annuels, dont le 99% est musulman, les règles occidentales vont évidement s’éroder au profit de cette nouvelle réalité. Certes, les mentalités évolueront, aussi bien celles des migrants et de leurs enfants qui naîtront ici, que celles des autochtones, mais reste à savoir quel en sera le sens. Lorsque Mme Merkel affirme que les migrants représentent une chance pour l’avenir du pays, faisant ici référence au déficit de natalité généralement observé en Occident, elle ne dit pas un mot des conséquences de cette « chance ». Quel sera le visage de L’Allemagne à l’aube 2100 ? Bien malins ceux qui pourraient le dire, mais une chose est sûre, elle ne ressemblera pas à l’Allemagne d’aujourd’hui. Dès lors, et pour le reste de l’Europe géographique, de légitimes questions se posent, notamment en matière de laïcité, de ces règles démocratiques qui nous sont chères –et qui ont été chèrement payées-, de droit, de règles sociales et d’accès au marché du travail.

Hormis, ces challenges, il ne fait que peu de doute que les religions, et en particulier l’Islam, poseront de nouvelles problématiques à cet occident en pleine mutation. Le message de paix religieux, claironné à tout va par les représentants des multiples courants de l’Islam, comme pour rassurer une population abasourdie par les actes de violences revendiqués par leurs fous de Dieu, est-il crédible ?

L’Europe, ce cul-de-sac ?

Pour ces millions de migrants, le système a évidemment une limite. Bloqués pour certains aux frontières danoises ou suédoises, ces centaines de milliers de jeunes hommes, peu ou pas formés, parlant souvent que leurs propres langues, se retrouvent dans des goulets d’étranglement, entassés dans des centres d’accueil pour migrants. Alors que faire de ces gens ? Bien sûr, les familles syriennes sont et doivent être prioritaires, les enfants doivent accéder aux systèmes d’enseignement des pays d’accueil. La plupart d’entre eux trouveront leurs chemins dans la société de demain, diplômes en poche, contrairement à leurs parents peu formés et difficilement assimilables à un monde du travail exigeant sous nos latitudes. Le problème, qui semble être largement sous-estimé, réside surtout dans cette proportion de jeunes adultes, en majorité des hommes, provenant des pays du Maghreb. Ces derniers, sans formation, à l’éducation lacunaire, risquent d’alimenter simplement les circuits de délinquance à travers le continent. Impossibles à « assimiler », ils vont pour la plupart se « communautariser ». Idem pour les Africains dans la même situation. Dès lors, ils vont alimenter le marché noir du travail. L’industrie européenne va soudainement se retrouver avec une main d’œuvre très bon marché et exploitable. Ainsi donc, on peut craindre une paupérisation de ces populations avec les conséquences que cela implique, à savoir une société à plusieurs vitesses, violentes, où, à l’instar de l’Afrique du Sud, les bidons-villes côtoient des quartiers résidentiels barricadés.
L’Europe risque de voir encore longtemps affluer des migrants du sud poussés par la pauvreté venir alimenter ce bassin de population qui sera alors exploité sans complexe par nos industries et parfois par leurs propres pairs, dans une logique économique qui consiste à produire toujours moins cher. Ainsi nul besoin de produire en Asie, quand de la main d’œuvre non qualifiée sera prête à travailler pour 250 euros par mois.

La stabilité, le développement économique (qui profite à la population) dans les pays de provenance des migrants n’est pas pour demain. L’Europe va en payer le prix.

Retour vers le futur, partie 2, 2015

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La saga « Back to the Futur », BTTF ou RVF pour les fans a 30 ans cette année (2015). L’occasion de revenir sur cette saga en trois épisodes et icône du cinéma d’aventure des 80’s.

A sa sortie en 1985, le premier volet de cette saga géniale est un énorme succès. Produit par Bob Gale et Robert Zemeckis, bénéficiant d’une distribution pour le moins réussie, d’une bande son composée par le génial Alan Silvestri, complétée par un tube planétaire d’Huey Lewis and the News, “The power of love”. Tous les ingrédients étaient réunis pour rendre culte le premier épisode. En Europe, à sa sortie au début 1986, les spectateurs découvrent ainsi le jeune Michael J, Fox qui campe à merveille le personnage de Marti Mc Fly, adolescent plus qu’en phase avec son époque. Le génial Christopher Lloyd, endosse le rôle de du Dr. Emmett Lathrop Brown et le fabuleux –et malheureusement peu reconnu- Thomas F. Wilson, qui interprétera les trois personnages Tannen (une vraie performance).

Quatre ans après la sortie du premier film, qui n’avait pas de suite prévue, Bob Gale et Robert Zemeckis, tournent le 2ème et le 3ème épisode à la suite. Il faut faire vite, car dans le premier volet, le personnage de Marty Mc Fly a 17 ans et Michaël J. Fox ne pourra bientôt raisonnablement plus jouer un ado de cet âge.
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Nous pourrions écrire une thèse sur le scénario de BTTF, tant celui-ci est génial, mais nous allons nous arrêter sur le deuxième volet de cette trilogie car elle se passe en partie en 2015, soit précisément l’année où nous nous trouvons aujourd’hui. Comme disait Emmett Brown; « Eh oui, tout ce temps déjà… ».

Ici, nous allons nous intéresser non pas au sens du scénario, mais à la vision des auteurs sur notre futur, vu de 1989. Dans l’ensemble, pas de grandes révolutions dans cette vision d’avenir, l’Amérique est toujours l’Amérique. Néanmoins, il est nécessaire d’avoir vu le film pour saisir les subtilités du scénario que je vais vous exposer et qui concerne essentiellement la technologie.

En résumé, nous savons que Marty a une mission en 2015, plus précisément le 21 octobre 2015, pour éviter à son fils et à sa fille de se retrouver dans une situation qui va les mettre en danger. Ainsi donc, le (re)voilà dans sa ville (Hill Valley) en 2015. Il va découvrir ce qu’elle est devenue (scène récurrente dans les trois volets).

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Analysons ensemble si la vision des scénaristes de l’époque correspond à ce qui nous vivons aujourd’hui; Lorsque Marti découvre la place de l’Hôtel-de-Ville en 2015, il peut y voir des voitures volantes et circulant également au sol. Sur la chaussée, on peut y lire « interdiction d’atterrir ». La mode est aux couleurs. Les jeunes portent leur pantalon avec les poches retournées et les manches trop longues. Une casquette de couleur aux reflets changeants. Les chaussures (Nike) qui se lassent toutes seules et vestes auto asséchantes :

Il y a de nombreuses marques (placements produits) dans le film, c’était la règle à cette époque -et aujourd’hui encore-. Nike par exemple, apparaît sous la forme de chaussures qui se lassent toutes seules. D’ailleurs en 2015, ce fabricant a annoncé vouloir sortir une série spéciales de ces chaussures (sans la fameuse fonction), ce qui est un joli clin d’œil, encore faut-il voir à quel prix les précieuses seront vendues.

Plongeons dans le film ;

Les voitures volantes ou aéroglisseur:
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En 2015, Nous en sommes loin, point d’aéroglisseur ou d’anciennes voitures converties en aéroglisseur dans nos espaces aériens (spécialisation de l’entreprise du fils du maire de Hill Valley de 1985). Ceci dit, c’est une vision cinématographique de la voiture du futur que l’on retrouve dans beaucoup d’œuvres au cinéma. Déjà dans Metropolis (1927) Fritz Lang montre une ville avec des avions circulant entre les immeubles de la ville. On se souvient du Taxi de Bruce Wills dans le 5ème élément, Blade Runner ou encore les différents Stars Wars qui illustrent des véhicules se faufilant dans des villes futuristes. Le fantasme de la voiture volante est omniprésent dans le cinéma de science-fiction, mais qui sait, elle est peut-être pour demain, les pendulaires peuvent rêver.

Le barman robotisé :
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En 2015 au »Café 80’s », c’est un robot qui sert les boissons. On fait du fitness dans le bar devant un mur de télévision. Si les murs d’écrans dans les fitness sont une réalité (il faut s’occuper la tête en pédalant tout de même), les barman-robot tel qu’imaginé dans le film n’existent pas encore. Ceci dit techniquement, c’est absolument réalisable.

Le Overboard:
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C’est probablement le gadget qui a le plus marqué le public dans cette deuxième partie. Il n’a pas de roue et fonctionne par sustentation. Hélas en 2015, personne n’a encore mis au point un tel engin, même si des prototypes existent. (Planche magnétique ne fonctionnant que sur un sol en métal ou encore planche équipé de moteur à hélice). Le « overboard » n’est pas près de voir le jour, tel qu’imaginé dans le scénario de BTTF2.

La monnaie virtuelle :

« Digites-moi 100 billets pour l’horloge de l’Hôtel-de-Ville » dit un homme occupé à récolter des dons dans la rue -C’est d’ailleurs ce personnage qui va malgré lui donner l’idée à Marty Mcfly d’acheter un almanach des sports et qui va provoquer un certain nombre de problèmes à nos héros-. Pour 2015, les scénaristes ont imaginé un système de paiement par empreintes digitales. Aujourd’hui, nous avons toujours de l’argent liquide dans nos poches, même si les cartes de crédit ou de débit direct sont toujours plus utilisées. Il semble aujourd’hui que nos téléphones intelligents risquent bien de détrôner nos bonnes vieilles cartes d’ici à tout soudain. Là, on a un peu de retard.
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Prévisions météo :
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Dans le film, en 2015, les prévisions météo sont très précises, à la seconde près. Même Doc Brown trouve ça génial. Aujourd’hui nos radars météos permettent des prévisions relativement épatantes à courts termes (3h), mais évidemment pas aussi précise que dans le film.

Drone « USA Today » ou « Flying news camera »

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Lorsque Biff et ses acolytes se fracassent dans l’entrée de l’Hôtel-de-Ville, un appareil volant de petite taille badgé « USA Today », le grand quotidien américain, est sur place en même temps que la police. Il photographie l’évènement qui se retrouvera en une du journal le lendemain. Là-aussi on peut relever l’excellente vision des scénaristes. Les drones civils de type « multicopter » sont appelés à se développer dans diverses applications de la vie courante et il est probable que ces machines soient opérationnelles bien plus vite que l’on n’imagine. Cette vision du futur est remarquable. Une machine volante remplaçant un reporter et son hélicoptère, c’est pour bientôt.

Chirurgie esthétique, prolongation de la durée de vie des individus:
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Dans le film, Doc s’est fait rajouter « trente ou quarante ans d’espérance de vie ». Il s’est fait opérer dans une clinique et s’est vu changer le foie, la rate, et subit un lifting du visage. De nos jours la chirurgie esthétique est de plus en plus répandue, mais l’augmentation de l’espérance de vie n’a rien à y voir. Le sujet de la santé est vaste et il est fort probable que notre espérance de vie augmente dans les siècles à venir, de manière naturelle ou pas. Les scénaristes ont vu assez juste s’agissant des liftings, cette « médecine » est aujourd’hui très courante dans notre société de « paraître ».

2015 en intérieur.
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Le film nous amène dans la maison du futur de Marti et Jennifer Mc Fly à Hill Dale. On y découvre avec beaucoup d’intérêt la vision de la technologie de la maison, appelée de nos jours la « domotique ».

Reconnaissance biométrique:

L’entrée dans cette maison se fait par reconnaissance biométrique, soit par empreinte digitale. La lumière est à commande vocale, qui reconnait une voix « propriétaire ». Le système en reconnaissant l’utilisateur lui souhaite personnellement la bienvenue. Lorsque Marti arrive à son tour, le système a visiblement été modifié et lui réserve un accueil particulier. Marti corrige les paramètres en quelques touches sur un clavier mural. De nos jours ce système existe bel et bien est courant autant chez les privés que dans les entreprises.

Les fenêtres paysages:
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Un écran diffuse un paysage lorsque l’on regarde la fenêtre depuis l’intérieur, donnant l’impression de vivre dans une maison au milieu de la campagne par exemple. De nos jours cela n’existe pas, même si techniquement cela serait peu compliqué à mettre en œuvre un tel dispositif.

La thérapie par sustentation :

Dans le film en 2015, on voit les parents de Marti qui rendent visite à la famille Mcfly dans leur maison familiale de Hill Dale (banlieue de Hill Valley).
Dans le film George McFly (le père de Marti) se déplace la tête en bas, son corps fixé à un appareil en sustentation. De fait, sa célèbre mèche de cheveux qui lui tombe sans arrêt sur le visage dans le premier volet, pendouille ridiculement contre le bas. De nos jours, ce type de thérapie n’existe pas. Du pur délire comique des scénaristes. Mais ce n’est pas fini.

La pizza « hydratée » miniature :
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Dans la continuité de la scène de la maison du futur, Loraine McFly (mère de Marti) sort d’un sachet une pizza de 3 à 4 cm de diamètre. Elle la place dans un four à « hydrater » et en 2 secondes chrono, un pizza fumante de type familiale de 40 cm de diamètre en ressort. Alors que la famille déguste la pizza, Marti déclare « personne n’hydrate une pizza comme toi maman ! » Bien sûr, rien de tel n’existe, même si les géants de l’agroalimentaire rivalisent d’ingéniosité pour vendre toujours plus de plats préparés, plus ou moins bénéfiques pour notre santé. Relevons que dans le film, les fruits se trouvent sur un plateau ascenseur au-dessus de la table et est commandé par la voix. Dans le décor de la cuisine, on distingue clairement un robot cooking assez impressionnant, mais dont on ne peut qu’imaginer l’utilité.

Le téléphone vidéo et lunettes connectées :
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C’est un des sujets très intéressant de la scène de la maison. Lorsque les enfants de Marti sont à table (on mange toujours en famille en 2015), ils portent des lunettes qui ne laissent pas voir leurs yeux. Lorsque le téléphone sonne, ils peuvent dire à leur père que l’appel est pour lui. Il s’agit donc d’une vision des scénaristes des lunettes connectées, dont nous ne sommes aujourd’hui qu’aux balbutiements. Marti se déplace dans le séjour. Il répond à l’appel de manière vocal sans rien toucher avec une phrase type ; « Allo ici s’il vous plait ? » Cela me fait penser étrangement au « Ok Google » pour ceux qui utilise le système Androïd. L’écran géant de la TV qui diffuse des programmes switche sur l’image de l’interlocuteur. Lors de la conversation, le profil de l’interlocuteur défile en bas de cet écran plat, en 16:9, et placé contre le mur. On est ici dans une vision assez remarquable sur la manière dont les scénaristes ont imaginé l’avenir des télécommunications.

Dommage que cela se termine pour Marti par un licenciement par fax (!), lequel s’imprime dans toutes les pièces de la maison, ce qui vu d’aujourd’hui est un peu « Has-been »…

La Deloran (DMC)
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Propulsée par un moteur thermique, la Delorean a néanmoins besoin d’une réaction électrique pour la propulser dans le temps grâce à son « convecteur temporel ». Pour ce faire, dans le premier volet, le véhicule « spatiotemporel » utilise du plutionium. Dans le 2ème volet, il utilise la fusion des particules à partir de simple déchets. Un fantasme toujours d’actualité hélas, celui de cette course aux énergies propres.

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Pour terminer, ce voyage dans le 2015 de la trilogie, relevons quelques détails amusants. Les taxis sont des Citroën DS (en fait il n’y en a qu’une seule) des années 60’s-70’s, qui volent bien-sûr et qui sont équipées d’une rampe lumineuse de couleur orange « Fédéral Signal » de type Aérodynic et placée sur le coffre arrière

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Griff Tannen, le fils de Biff, et arrière arrière petit-fils de Buford « Molosse » Tannen utilise en 2015 une BMW 633i cabriolet rouge et noire. C’est un modèle du début des années 80’s.

Les bandes annonces des cinémas sont en 3D, sans que l’on ait besoin de lunettes pour les voir.

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Dans le film les policières ont des matraques fluorescentes et des casquettes diffusant sur un petit écran des messages du genre « To protect and to serve ». Elles peuvent identifier sur place des citoyens par leurs empreintes, ce qui laisse supposer que dans le futur, tout le monde est dactyloscopié (y compris pour les paiements)

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La marque Pepsi, apparaît dans le film avec une nouvelle forme de bouteille. Un petite série va d’ailleurs être produite pour 2015.

Les stations-services sont automatisées, clin d’œil à la station-service des années cinquante du premier volet où une ribambelle d’employés se précipitent sur les voitures venant faire le plein. En 2015 Un robot contrôle divers point des véhicules qui se ravitaillent. Par contre pas un seul indice sur le type de carburant utilisé. Là on est loin de cette réalité.

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Le deuxième volet de la trilogie de retour vers le futur, a permis au scénariste de 1988 d’imaginer le monde de 2015. Drôle et délicieusement décalé, BTTF 2 est un régal pour le spectateur, même si pour la plupart d’entres elles, les visions des scénaristes ne se sont pas réalisées, il n’en demeure pas moins que l’exercice, si périlleux soit-il, est pour le moins réussi.

Retour vers le futur, partie 2. Film de science-fiction de 1989, réalisé par Robert Zemekis, scénario de Robert Zemekis et Bob Gale, Universal Pictures.

Comment Nespresso m’a passé l’envie de boire du café.

Toute ma vie j’ai senti la bonne odeur du café. Au petit matin, mes grands-parents le faisaient au filtre. C’était le café au lait des vacances, dans cette France d’alors qui ne savait pas faire du café. Mon père lui, faisait son café avec une cafetière italienne, ajoutant une touche de professeur Tournesol à l’enfant que j’étais et qui regardait la magie opérer dans le brouhaha de l’ébullition. Puis, ado, j’ai commencé à boire du café, comme les grands. Le matin, même si on n’en avait pas le besoin, je me donnais la peine de me faire du café, filtre bien sûr. Dans les années 90’s, la démocratisation des machines « expresso » à un prix de fou, nous donnât enfin l’accès au vrai café. Du café frais, en grain, que l’on verse dans sa machine qui va moudre la quantité exact pour le café choisi. Probablement le meilleur.

L’an 2000 devait bien arriver et notre manière de consommer le café avec. Mais c’est déjà vers la fin des années 80’s, que des petits génies du marketing ont inventé le concept des dosettes qui deviendront les capsules Nespresso et connaîtrons dans les années 2000, un succès mondial.

Nous sommes tous esclaves de ces dosettes aujourd’hui. Pour preuve le chiffre d’affaires engendré par la vente de ces dosettes dans le monde et qui s’élève à près de 2 milliards de francs.

Petit à petit, après avoir testé dix milles sortes de saveurs, qu’elles soient de la marque d’origine ou génériques, je suis arrivé à la conclusion que, finalement, je ne buvais que du café déjà moulu et emballé dans une dosette en alu ou en plastique. L’odeur du grain moulu remplacé par le bruit infernal de cette pompe à eau des machines Nespresso…

Adepte du bon goût, mais conscient que la caféine peut aussi poser des problèmes de santé, ou à tout le moins d’y jouer un rôle, j’ai un jour, arrêté de boire du café.

Pas de grands changements dans ma vie, ni d’impact que je puisse mesurer sur mon « capital santé ». Je regarde maintenant les pubs Nespresso avec encore plus de distance, non sans rire de l’humour so british qui en découle.

C’est un peu à Nespresso que je dois l’arrêt de ma consommation de café. Et vous ?

Le retour des cendres

La route qui mène à la montagne est sèche, même si ce mois de septembre 2014 est plutôt humide, la forêt regorge d’eau, il fait doux. Je suis ces lacets de bitume que je connais si bien. En prenant de la hauteur, Martigny devient si petite. Je l’ai vu tant de fois d’en haut, la nuit elle a des airs de Los Angeles avec ses rues droites et son éclairage blafard. C’est souvent la réflexion que je me faisais lorsque je redescendais de Finhaut en faisant une halte pour contempler la vue de nuit, pour réfléchir, pour digérer mon passage dans le village de mon père.

Aujourd’hui je fais le chemin vers ce petit village accroché à la montagne avec les cendres de mon père. Il revient par la route, sans la voir. Une dernière fois, un dernier voyage que l’on fait ensemble. Il ne s’arrêtera pas dans ses lieux préférés, impatient à l’idée de prendre son apéro, d’échanger dans les lieux publics où il passait la plupart de sont temps. Là où les éclats de voix au fort accent valaisan se font entendre, dès que l’on parle barrage, hydrodollars ou encore du Président de commune. Ces lieux finalement étroits où tout se fait ou se défait, les rêves et les projets qui prennent parfois formes, s’oublient ou se réalisent, peu importe. C’est là qu’il a passé sa vie.

C’est derrière l’église que je l’emmène; étrange pour un homme qui n’aimait pas les curés. Mais dans l’enceinte du cimentière, je comprends mieux; il y a la vue sur la vallée, sur ce grand hôtel du XIX aujourd’hui désuet. C’était le plus majestueux d’une époque faste et maintenant oubliée, juste en dessous duquel sa petite maison faisait face à la vallée, au Martigny-Châtelard-Chamonix et sa voie électrifiée. Combien de fois l’a-t-il entendu, vu passer, combien de signes au conducteur depuis cette terrasse exposée plein sud. Derrière sa barbe, mon père regardait sa montagne et son jardin en friche, son chat comme seul témoin, assis sur sa chaise de brocante.

Il est un peu plus haut maintenant dans ce village qu’il aimait tant. Je porte sous mon bras les cendres qui marquent ainsi son retour. Parti il y a maintenant trois ans pour allez mourir en plaine – la vie est pleine d’ironie avec ceux qui aiment la montagne- mon père n’était revenu qu’épisodiquement ici, ses forces le quittant. Mais il l’emporte finalement sur la mort, il est avec sa montagne, accroché à son flanc, pour toujours, les souffrances et ses démons en moins.

Tout se termine ici, aujourd’hui. Ne reste que les souvenirs, les écrits, les images et cette voix qui résonne parfois. Finhaut deviendra pour moi le lieu où se trouve la mémoire de mon père. Son petit-fils y viendra peut-être un jour pour le voir, qui sait.

Le jardin en friche…

Nos actes manqués

Ils nous poursuivent parfois loin dans nos existences, c’est certain. Regrets, amertume, souvenirs, font qu’à chaque fois qu’un acte manqué me revient, je le regrette amèrement. J’aurai aimé être meilleur alors, mais ça n’a pas été le cas. Ceci dit, ces regrets n’ont rien de bien dramatiques, mais je n’ai pas toujours trouvé le cheminement intellectuel à accomplir, pour enfin arriver à l’acceptation de l’acte manqué, sans regret. Diantre, que la vie est complexe. On agit à un moment donné de son existence avec la certitude de faire juste, aveuglé par des idées, des sentiments, sans recul aucun et souvent sans cohérence véritable. Pas simple de s’y retrouver

Au temps qui passe, l’expérience s’accumule, et la décision d’un acte devient complètement assumée, et peu même provoquer du plaisir. Un exemple tout personnel. Voici 20 ans, j’étais amoureux d’une fille si jalouse qu’elle m’en pourrissait mon existence débutante, pourtant -et comme souvent-, toute vouée à sa petite personne. Un jour, elle trouva ma boite à souvenirs dans un petit carton. Il contenait le résumé d’un parcours d’adolescent, composé de lettres « d’autres z’amoureuses d’alors », de photos en noir-blanc prises dans un photomaton de gare, ou encore de petits objets, souvenirs d’idylles passées et souvent platoniques. Je fus alors sommé de débarrasser mon logement de ces infâmes témoins d’un temps heureux, ceci pour le bien-être de ma chère et tendre future femme. Et bien j’ai, tenez-vous bien, ……..accepté (dans le but probable de l’épanouissement de l’amour sans ombre qui nous guettait…). Je vous ai entendu jusqu’ici penser; « Mais quel imbécile« , et bien-sûr que vous avez raison. A l’époque j’avais été juste incapable d’imaginer une solution alternative, oui le titre d’imbécile me va bien. J’avais pris ma boîte à souvenirs pour la transformer en cendres, qui s’étaient dispersées dans une de ces forêts jurassiennes que j’affectionne tant. Là où je peux m’en vouloir, c’est qu’en regardant mes souvenirs partir en fumée, je n’avais même pas réalisé le non-sens de l’acte irréversible que je commettais, certain que du haut de mes 22 printemps, je prenais LA bonne décision, persuadé d’être dans le juste. En définitive, ma pénitence d’aujourd’hui c’est de m’être déçu moi-même.

Mais cette année à la faveur d’un déménagement, j’ai (re)trouvé dans mes affaires, une boîte à chaussures contenant le courrier de mon ex-femme, celle-là même qui me fit détruire jadis mon trésor mal caché. Courrier, photos, petits objets, bref, les souvenirs d’une vie de couple ratée qui s’était finalement soldée par un de ces divorces dont nous cultivons le secret sous nos latitudes.

Eh bien c’est avec un coupable mais certain plaisir intérieur, que j’ai réduit, non pas en cendres, mais en fins copaux de papiers, ces écrits qui n’ont depuis longtemps plus aucune valeur à mes yeux, mais que je gardais précisément par la crainte du regret. En lieu et place des sapins d’une joux cinquantenaire où les lettres d’adolescentes amoureuses s’étaient perdues, c’est dans un récupérateur de papiers que les copaux du souvenir ont fini et ceci, sans regret aucun.

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