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Migration

Migrants, migration de masse, réfugiés, émigrés, immigrés, tous ces termes pour désigner des femmes et des hommes qui quittent, par choix ou par obligation, leurs pays pour trouver ailleurs une vie meilleure, plus sûre, avec une perspective d’avenir. Ces derniers mois, l’Europe subit une vague migratoire sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale. On pourrait même dire sans précédent tout court, puisque les réfugiés du dernier conflit mondial étaient principalement des ressortissants des pays de l’Europe géographique laquelle, dévastée, se divisait en deux mondes bien distincts.

Depuis 1945, jamais des conflits ouverts, larvés, n’ont été si proche de cette Europe redessinée depuis la chute de l’U.R.S.S et l’indépendance de toutes ces anciennes républiques.
Le conflit –qui ne dit pas son nom- en Ukraine qui, à ce jour, à tout de même coûté la vie à 7’000 civils et militaires, n’a pas provoqué de vague migratoire vers l’Ouest. Cela arrivera si le brasier explose et que le conflit se généralise ce qui pour l’heure semble ne pas être le cas. La Russie soufflant le chaud et le froid sur cet immense pays qu’est l’Ukraine.

Mais l’Europe voit arriver chaque jour près de 5’000 migrants en provenance d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, avec un niveau qui redescend quelque peu à la faveur de l’hiver, la traversée de la Méditerranée étant bien plus aléatoire. Nous avons tous vu à la télévision ces colonnes de milliers de personnes allant vers l’Allemagne, pays qui a décidé –avant de quelque peu modifier sa politique d’accueil- de leur ouvrir ses frontières. Tout le monde se demande comment l’Europe va pouvoir « digérer » ces vagues d’arrivants.

Qui sont les migrants ?

Les migrants arrivant en Europe proviennent essentiellement du Moyen-Orient, à savoir de Syrie, d’Egypte, d’Irak. Une partie provient des pays du Maghreb, la partie occidentale du monde arabe, soit de Tunisie, d’Algérie, du Maroc et de Libye. L’Europe est depuis plusieurs décennies l’objet d’une migration de la population du Maghreb. Les migrants proviennent aussi du sous-continent asiatique, soit du Pakistan et d’Afghanistan. Pour l’Afrique, la « Corne de l’Afrique » donne son lot de migrants provenant d’Erythrée, de Somalie, du Sud-Soudan et enfin, une part non-négligeable provient également de l’Afrique de l’Ouest et des pays qui la composent comme la Guinée Bissau, la Guinée Conakry, l’immense Nigéria, etc. Il est néanmoins très difficile de déterminer avec précision les différentes origines des migrants, en effet des pays comme l’Italie, la Grèce et certains pays des Balkans, sont littéralement submergés et incapables de faire face à ces arrivées massives de migrants, et ne les enregistrent même plus.

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Sont-ils des réfugiés ou des migrants ?

Les deux en fait. Voyons par origine quelques nationalités des migrants et la situation de leurs pays respectifs.

Les Syriens fuient un conflit sanglant qui a fait plus de 260’000 morts (2015). Il ne fait pas de doute que la situation en Syrie ne va pas se rétablir avant de bien longues années et il y a fort à parier que le pays ne retrouvera plus « sa forme » d’antan, entendez ses frontières notamment. Les Syriens sont donc considérés comme des réfugiés à juste titre.
Les Erythréens, eux, proviennent d’un pays qui n’est pas en guerre, mais qui est une dictature forçant notamment les jeunes à un long et esclavagiste service militaire, qui est en fait un moyen pour cet Etat d’obtenir un main d’œuvre très bon marché à son service. Le statut de réfugié est ici plus difficile à définir. Les Erythréens sont aujourd’hui présents en nombre en Suisse.

Les ressortissants du Maghreb sont généralement des migrants économiques qui fuient la précarité de leur pays d’origine. L’immense majorité sont des hommes, jeunes, souvent peu formés ou sans formation réelle ou alors ne pouvant être validée. Ils errent dans les pays de l’EU, grossissant les statistiques de la petite criminalité. L’Algérie constitue le gros du contingent. Notons ici que ce pays, pour des raisons de politique étrangère avec les pays occidentaux, ne reconnait pas ses ressortissants sans papiers d’identités valables. Ainsi les pays de L’EU et la Suisse ne peuvent même pas expulser les individus délinquants d’habitude.

Dans une moindre mesure, les Afghans fuient aussi un pays exsangue et en pleine guerre perpétuelle sur fond de lutte de pouvoirs régionaux, agrémenté d’Islam radical dans une société qui n’a guère évolué dans son fonctionnement depuis des centaines d’années, et ceci malgré un bref passage de la doctrine communiste après la deuxième guerre mondiale. Si les « Talibans », ennemis désignés par les USA comme étant la base du terrorisme islamiste, sont une partie du problème, l’Afghanistan est surtout un mélange explosif de tribus administrées par des clans ancestraux, qui règlent à leurs manières la société, les mœurs et la justice, si ces termes sont appropriés en l’espèce. Deux langues officielles pour 40 langues parlées dans le pays. Les migrants provenant d’Afghanistan ont pour but généralement l’Angleterre ou une importante diaspora est installée.

Les Africains de l’ouest enfin, sont à la fois des réfugiés et des migrants « économiques ». Bien sûr des pays comme la Guinée-Bissau ne sont pas des modèles de démocratie. Ces pays délabrés, gangrénés par la corruption, sont les cibles depuis quelques années d’organisations criminelles sud-américaines qui s’y installent en masse. Dans ces pays africains, la population est généralement laissée de côté par les élites qui détournent ouvertement les revenus et les aides internationales depuis des décennies. Certains pays connaissent une paix relative ces dernières années, favorisant aussi la migration des plus jeunes vers l’Europe et l’argent facile. La plupart de ses migrants n’ont qu’un objectif: S’installer durablement légalement ou illégalement afin de pouvoir procéder à l’envoi de capitaux via les sociétés de transferts de fonds (Western Union etc..) à l’intention de leurs familles.

L’impuissance des démocraties.

Force est de constater que les Etats européens sont incapables de gérer le problème ensemble. Visiblement, aucun stratège des pays de l’Union n’avait prévu une arrivée massive et sous cette forme de migrants. Ceci dit, il est fort probable que ces vagues étaient attendues. Les différents observatoires, qu’ils soient étatiques ou privés, ont bien évidemment pu anticiper ces mouvements migratoires. Les pays de l’ex U.R.S.S ont clairement fait savoir qu’ils ne voulaient pas de « quotas » de migrants, arguant qu’ils n’en ont pas les moyens. Pour exemple, l’attitude de la Hongrie en dit long sur la politique de ses autorités, dont le gouvernement nationaliste a choisi purement et simplement la fermeture physique de ses frontières. Et pourtant, l’Union européenne doit sa raison d’être à la force communautaire, or jamais démonstration d’autant de divergences n’aura été vue jusqu’ici. La puissante Allemagne voit sa politique d’accueil remise en question par sa population après les évènements du 31.12.2015 à Cologne. Ouvrons ici une parenthèse sur la situation en Suisse. Le peuple et les cantons ont voté en octobre 2010, par le biais d’une initiative populaire, une proposition de modification de l’article 21 de la constitution, afin de priver les étrangers coupables de certaines infractions graves d’un permis de séjour. Dans les faits, en Suisse, les étrangers sont surreprésentés dans les délits et crimes visés par la nouvelle loi. Rappelons que la population étrangère se monte en Suisse à presque 25%. Ne sont pas compris dans ces chiffres les personnes ne bénéficiant pas de documents d’identités (les illégaux). Ceux-ci grossissent les chiffres de la délinquance, mais la plupart ne peut être renvoyée dans leur pays, faute de collaboration des Etats concernés. L’initiative suisse, n’aura dans les faits que peu d’effet sur la criminalité.

L’Europe va changer.

Une lente transformation a désormais commencé en Europe. Les populations migrantes amènent leurs cultures, leurs coutumes. Le terme même « d’assimilation » sera bientôt aussi rejeté qu’un fumeur dans un restaurant, car devenu impossible en Europe (qui assimile qui?). Lorsque des millions de personnes se réclamant d’une même religion revendiqueront des changements sociaux, nos règles démocratiques ne pourront que les admettre. Il ne sera pas possible d’imposer aux nouveaux arrivants les règles de notre société. Il faut être intellectuellement honnête, avec 1 million de migrants annuels, dont le 99% est musulman, les règles occidentales vont évidement s’éroder au profit de cette nouvelle réalité. Certes, les mentalités évolueront, aussi bien celles des migrants et de leurs enfants qui naîtront ici, que celles des autochtones, mais reste à savoir quel en sera le sens. Lorsque Mme Merkel affirme que les migrants représentent une chance pour l’avenir du pays, faisant ici référence au déficit de natalité généralement observé en Occident, elle ne dit pas un mot des conséquences de cette « chance ». Quel sera le visage de L’Allemagne à l’aube 2100 ? Bien malins ceux qui pourraient le dire, mais une chose est sûre, elle ne ressemblera pas à l’Allemagne d’aujourd’hui. Dès lors, et pour le reste de l’Europe géographique, de légitimes questions se posent, notamment en matière de laïcité, de ces règles démocratiques qui nous sont chères –et qui ont été chèrement payées-, de droit, de règles sociales et d’accès au marché du travail.

Hormis, ces challenges, il ne fait que peu de doute que les religions, et en particulier l’Islam, poseront de nouvelles problématiques à cet occident en pleine mutation. Le message de paix religieux, claironné à tout va par les représentants des multiples courants de l’Islam, comme pour rassurer une population abasourdie par les actes de violences revendiqués par leurs fous de Dieu, est-il crédible ?

L’Europe, ce cul-de-sac ?

Pour ces millions de migrants, le système a évidemment une limite. Bloqués pour certains aux frontières danoises ou suédoises, ces centaines de milliers de jeunes hommes, peu ou pas formés, parlant souvent que leurs propres langues, se retrouvent dans des goulets d’étranglement, entassés dans des centres d’accueil pour migrants. Alors que faire de ces gens ? Bien sûr, les familles syriennes sont et doivent être prioritaires, les enfants doivent accéder aux systèmes d’enseignement des pays d’accueil. La plupart d’entre eux trouveront leurs chemins dans la société de demain, diplômes en poche, contrairement à leurs parents peu formés et difficilement assimilables à un monde du travail exigeant sous nos latitudes. Le problème, qui semble être largement sous-estimé, réside surtout dans cette proportion de jeunes adultes, en majorité des hommes, provenant des pays du Maghreb. Ces derniers, sans formation, à l’éducation lacunaire, risquent d’alimenter simplement les circuits de délinquance à travers le continent. Impossibles à « assimiler », ils vont pour la plupart se « communautariser ». Idem pour les Africains dans la même situation. Dès lors, ils vont alimenter le marché noir du travail. L’industrie européenne va soudainement se retrouver avec une main d’œuvre très bon marché et exploitable. Ainsi donc, on peut craindre une paupérisation de ces populations avec les conséquences que cela implique, à savoir une société à plusieurs vitesses, violentes, où, à l’instar de l’Afrique du Sud, les bidons-villes côtoient des quartiers résidentiels barricadés.
L’Europe risque de voir encore longtemps affluer des migrants du sud poussés par la pauvreté venir alimenter ce bassin de population qui sera alors exploité sans complexe par nos industries et parfois par leurs propres pairs, dans une logique économique qui consiste à produire toujours moins cher. Ainsi nul besoin de produire en Asie, quand de la main d’œuvre non qualifiée sera prête à travailler pour 250 euros par mois.

La stabilité, le développement économique (qui profite à la population) dans les pays de provenance des migrants n’est pas pour demain. L’Europe va en payer le prix.