The Nostromo

dimanche 22 avril 2012

La vierge du Baron

Seul devant, assis sur mon village, plus exactement sur une terrasse qui refuse l’ombre et plus confortablement sur une bonne chaise, celle qui ne laisse pas de trace, interne ou externe, facile à quitter, une chaise bien étudiée que l’on ne trouve pas hélas dans les salles d’attentes où le temps paraît plus long, ceci expliquant cela. Seul devant donc, n’y voyez pas là ma position lors d’une épreuve sportive, il faudrait alors que l’imagination, même débordante, dépasse la réalité, ce qui est impossible chez moi. A propos d’imagination, il en faut un peu-beaucoup, mais je subodore que vous n’en manquez pas pour lire ces lignes. Seul devant, assis dès lors dans mon théâtre imaginaire, je vous sens derrière spectateurs d’un jour bien installés dans cette salle que je nomme Finhaut.

En face un petit hameau accroché comme un miracle à la pente rocheuse, abandonné, oublié au bout d’un chemin surprenant, déserté avec ses interrogations, c’est Litroz ma scène à l’envers des convers. Le décor est planté. Une caricature fait l’essentiel de l’affiche pour un spectacle que je sens déjà retentissant par l’écho de la roche. Le rideau s’ouvre. Apparaît, seul sur cette scène le Baron de l’endroit, un petit homme à la barbe blanche bien embroussaillée, les cheveux en vrac dépassant d’un chapeau qui visiblement n’en finit pas de vieillir, une blouse sans couleur de magasinier fortement allergique au fer à repasser et de bottes en caoutchouc disproportionnées à notre petit homme. Un regard malin de brocanteur se devine dans ce décor. L’acteur du moment lance alors à la cantonade d’une voix forte qui surprend et paralyse l’assistance : « Ne négligez pas l’absurde, il peut vous enrichir »

Ici se termine mon théâtre imaginaire pour la vraie et belle histoire de la vierge du baron.

Pas de sang bleu pour notre homme, un titre qui lui vient comme une étiquette de la rumeur publique lors de l’achat de (son village). Ce jour là, de passage à Genève, ville qu’il fréquente régulièrement pour affaire, véritable mine pour brocanteur, dit-il. Un détour s’impose chaque fois chez Emmaüs, son supermarché en quelques sortes où l’action du jour se transforme en surprise. Mais il faut avoir l’œil, ceci étant l’arme de notre commerçant. Il déambule assez rapidement car ses objectifs sont professionnels donc bien ciblés. Il reste indifférent à l’odeur qui baigne en ces locaux, un mélange des métiers qui va du vieux livre à la cire bon marché pour embellir l’ancien meuble. Il est vrai que chaque profession à son odeur, pensez à votre dentiste, votre boulanger, votre marchand d’huile de chauffage, votre fleuriste, votre fromager et votre cordonnier, une exception pourtant poussez la porte de votre banque, (si pas automatique), aucune senteur, ce qui nous prouve que l’argent n’a pas d’odeur, or mis celle du désodorisant appliqué à hautes doses par la belle dame qui vous précède et qui se mélange dangereusement avec celui de l’employé. A ce propos, ayons une pensée particulière aux chauffeurs de bus dans le petit matin.

C’est dans cette atmosphère que notre baron est stoppé net dans cet inventaire à la Prévert, son regard est comme paralysé par celui d’une grande statue empoussiérée. Bizarrement, même en se déplaçant, ces yeux ne le quittent pas, on dirait la Joconde, pensa-t-il ! La Sainte-Vierge, les bras tendus, accueillants, c’est comme un rêve, une illumination, sensations brèves mais fortes qui l’éloignent quelques instants de la réalité. Mais que fait Marie dans cet amas de vieillerie et de plus chez les protestants ? C’est perturbé, voir fâché que notre commerçant interpelle l’employé du moment visiblement d’une autre culture et s’entendre répondre en mauvais français, que pour cent francs il pouvait « l’en débarrasser ». Le souffle court, notre baron lui tendit immédiatement un billet bleu presque avec plaisir, ce qui est rare chez un brocanteur. L’urgence était d’alors de quitter ces lieux et d’éloigner Marie de la cité de Calvin.

C’est incroyable, ce que ce petit homme peut changer l’atmosphère par un sentiment de nervosité, c’est qu’il veut disparaître au plus vite avec son acquisition, le bougre. Il s’agite beaucoup à résoudre le premier problème qui se présente, à savoir, rejoindre l’automobile avec délicatesse. Le climat se détériore rapidement dans son espace et perturbe peu à peu les bras ballants qui ornent les allées de ce grand bazar. Il réussit à emprunter un engin à deux roues pour un déplacement plus aisé. L’image est belle, la Sainte Vierge quittant la Genève protestante sur un diable. La route n’est alors qu’un long monologue, son ange-gardien le félicite pour son achat alors que son petit diable lui promet une bonne affaire de plus. Mais non, notre baron reste convaincu que l’on ne peut vendre un objet saint. Par une nuit de bons conseils, il décide que Marie protégera, si elle le veut, son village, c’est ainsi qu’aujourd’hui, posée sur son socle, elle domine, les bras accueillants ce pittoresque endroit. Précision, son regard fixe la porte d’entrée de la maison préférée de notre propriétaire. Au petit matin en ouvrant, il trouve ses premières vitamines, disait-il. Malheureusement aujourd’hui la demeure reste close. Pour ma part, permettez que je m’en retourne à mon spectacle imaginaire, c’est hélas la fin et notre acteur seul devant, sur cette belle scène, derrière une longue vue lance à la cantonade, « attention, on ne peut effacer les traces de l’insouciance ». Mon rideau tout aussi imaginaire tombe derrière les Perrons avec le soleil.

Contact : andre.lozouet@gmail.com

mercredi 23 novembre 2011

Ca me turlupine...

C'est ce fameux adage qui me turlupine : "Le temps c'est de l'argent".

Bon, moi,du temps, ça va; pour le reste, j'attends... On m'a dit aussi que la patience est la mère des vertus. Faut pas exagérer non plus. Mais attendons.

Attendre, c'est perdre du temps, donc de l'argent. C'est décidé, je vais prendre du temps sur celui que j'ai gagné, du bon temps même que je vais partager avec vous, vous que je ne connais pas. Persuadé que vous aimez aussi partager votre temps avec l'espoir de ne pas vous faire perdre de l'argent. Ce qui me turlupine, c'est bien le temps, notre ennemi à tous, notre justice.

Les nuages et la vie passent Les nuages, poussés par le vent La vie, tirée par le temps

Nous vivons avec notre temps, il nous ceinture, il nous oppresse, inlassablement, il trotte, il sonne, il nous remet à l'ordre, il nous stresse, mais aussi, il nous arrange parfois, nous permet de respirer et nous apprend la vie .Notre bon vieux temps est découpé en minutes, en heures, en années. La dernière minute de l'année ,on la fête, on la compte à haute voix, comme pour l'oublier, on la jette comme un mouchoir en papier. On attend le nouveau jeu bien brassé avec beaucoup d'atouts. L'espoir d'un renouveau avec assez de temps pour en profiter.

Il m'a répondu "j'ai pas le temps", il s'agit certainement d'une personne mal organisée puisque nous avons tous le même découpage. Et là, nous guette un grand danger, celui de ne plus maîtriser notre espace et de dérégler cette belle machine à jamais.

Lutter contre le temps, on n'y parviendra pas, comme l'arrêter, si ce n'est avec votre appareil de photo ou une bonne anesthésie; mais là, le souvenir est perdu. Le temps, c'est de l'argent, oui, pour votre opérateur téléphonique qui attend la fin de la nouvelle année avec impatience. Dans le temps, il fallait se déplacer, mais aujourd'hui, par satellites interposés, on gagne du temps !

On doit pourtant pouvoir compter avec lui, car il nous est donné à chacun sa part.

Certains consacrent leur temps à calculer sa vitesse et il paraîtrait qu'un petite, mais infiniment petite modification est nécessaire quant à la vitesse de la lumière, mais c'est plus mon monde, sauf, éventuellement pour me donner une idée de l'infini.

Non, pour moi, même le clocher du village peut osciller, il n'influence en rien ma dernière cigarette. En cette fin d'année, je garde une image qui me plaît bien. Elle me vient du canton du Jura, où une école d'horlogerie doit être construite. C'est dans ces lieux que l'on maîtrise avec précision (suisse) le temps. L'on découvre alors que le site choisi cache des traces de dinosaures. Donc devant la porte, les souvenirs de plusieurs millions d'années et derrière cette même porte l'on dompte la nano seconde;e ncore un grand pas !

J'ai pris un peu de mon temps pour vous en parler avec le souci de ne pas vous avoir fait perdre le vôtre, et j'ai gardé l'espoir que votre nouveau calendrier sera plus beau dans ce nouvel espace temps et bien utile !

Comme qui dirait "voilà, j'ai fait mon temps..."

La pensée de l'édition, d'André Lozouet: "Le temps n'efface rien, Il chevauche les lendemains et poursuit son chemin."

lundi 10 octobre 2011

C'est si simple

Etre simple...Oui, mais le rester, vaincre la tentation d'une fausse excellence, de vilains gestes, de mauvais choix vestimentaires, uniquement pour paraître. Quelqu'un a écrit "c'est si simple" et il a ajouté"d'aimer"...

A l'époque, j'ai signé immédiatement sans lire les conditions, c'étaient mes folles années. Depuis, j'ai lu et je suis resté simple, même si le contrat n'a pas été entièrement respecté. Aujourd'hui, je baigne dans la simplicité, je me surprends avec mes mains pas très propres sur mes jeans et j'ai même vendu mes huit cuillers en argent, m'a grand-mère m'ayant quitté avant la douzaine! Non,tu vois,d ans cette belle simplicité, ce qui me désole parfois, c'est mon voisin, un bon type, mais que je soupçonne de médisance, soupçons que je cultive pour le bon voisinage. Il chuchote, à qui veut bien l'entendre, que je me complique beaucoup trop la vie. Tu te rends compte! Mais comment lui expliquer la simplicité, lui qui porte au quotidien son fardeau de principes -il est même à cheval dessus-.

Il me parle alors d'habitudes et qu'il ne faut pas tout mélanger. C'est vrai, nous avons tous nos petites habitudes et quelques principes parasites. On ne va pas chercher un appartement à Martigny, avec un t'shirt du FC Bâle, en principe! Le matin, au moment d'ajuster mes chaussures, c'est toujours par la droite que je commence, la même chose avec mon pantalon...Alors, principe ou habitude ?

Il faut respecter son cerveau, c'est tout. Même en rentrant avec les chaussures à la main, ton cerveau, certainement surchargé sait ce qu'il fait. En début de journée, en sortant de ma maison, je me dirige à droite, jamais à gauche, question d'éducation peut-être, et toujours accompagné de mon ombre fidèle. Mon personnage noir est ainsi devant moi; il me guide, on dirait; surtout, il respecte ma philosophie, celle de vivre son présent en regardant l'avenir. Il m'encourage pour un jour de plus et dans la fidélité, on ne fait pas mieux. C'est aussi la raison de mon départ à droite. La nuit, il ne m'abandonne pas, c'est alors mon ombre lunaire, plus discrète, plus pâle, inquiétante même. Mon personnage lunatique va croiser l'ombre du lampadaire qui tourne en comptant les heures et qui rassure un autre voisin invisible derrière son petit rideau.

C'est donc en toute simplicité que ce matin-là, mon chemin s'allonge et que je rencontre cet homme musclé qui agite une machine pétaradante et fumante. Lui, il coupe les ombres; il doit alors déplacer son sac à chaque ombre perdue, pour garder son contenu au frais!

Comme un dernier cri avant de toucher le sol et prouver s'il en est besoin son importance.

Inévitablement, j'arrive où mon ombre va se cacher, sous mes pieds; je veux fuir le zénith et me protéger pour attendre que ma terre tourne un peu et rentrer avec mon compagnon toujours devant...

Je cherche un arbre bien joufflu et évite la dangerosité des rayons.

Je voudrais rêver quelques instants, mais un rêve simple, d'une belle histoire, mon histoire. Je jouerai le premier rôle, avec mon texte, mes lumières, mon décor, un rêve seulement pour moi. J'y mettrai une histoire d'amour, si je veux! La mienne certainement, parce que platonique, où tout est possible... Nos ombres collées sur la route des fonds, deux mains unies sur la terre battue pour rejoindre la cascade et se perdre dans la poussière d'eau coloriée par notre soleil. Enfin, le rêve quoi! simple comme l'auteur, comme le spectateur.

Toujours devant, mon compagnon noir me montre le chemin du retour et je rentre dans ma maison par le nord. Une journée toute simple, mais comment expliquer à mon voisin qui a déjà les épaules cassées par le poids de ses principes.

Je renonce et continue à rêver,c'est plus simple.

lundi 3 octobre 2011

Le non retour

Comme chaque année, aux prémices des grands froids d`hiver, je reviens à l’orée du village prendre mes quartiers. Là où je suis né. J'y retrouve ma maisonnette bien propre et parfois repeinte par deux couches. Le vent froid du nord est bien coupé, la pluie se casse sur son petit toit et la neige venue l’isole naturellement. Aux premiers gels, je me retrouve donc les pattes au sec avec les becquetées abondantes. Même si pour une bonne sélection, nous devrions nous débrouiller avec dame nature, il est tout de même agréable de pouvoir casser la graine à volonté en tout temps. Je partage ce petit espace avec la merlette grisonnante aux yeux déjà tristes et quelques vilains moineaux qui squattent toutes les maisonnettes du village dans une ronde bien organisée. Mauvaise surprise cette année pour mon retour, c’est un abri vide que j’ai trouvé, pas l’ombre d’une petite graine, rien de rien. Que se passe-t-il ? Suis-je en avance ? Pourtant, les cheminées fument, les fenêtres sont embuées et le givre tient bien la branche. De plus, le gros chat noir un peu raciste, le beau tigré très malin et la chatte angora bonne-mère ne sont plus à leur poste à surveiller nos allées et venues de leur œil mi-clos et hypocrite. Signes qui ne tromperaient pas la souris dernière de classe. C’est mon amie la merlette grisonnante aux yeux déjà tristes qui m’informe de la gravité, elle qui ne court plus la forêt pour l’amour, sait tout de l’actualité communale, et de m’apprendre que notre gentille grand-maman propriétaire de l’endroit est partie un jour de cet été.

Ses enfants ont porté de lourds bagages vers une grande voiture et s’en sont allés avec notre nourricière. Le plus grave, me dit la merlette grisonnante aux yeux encore plus tristes, il paraît qu’elle ne reviendra plus chez nous.

Les petits volets restent désormais clos. La neige s’accumule devant la porte fissurée et la pâle lueur de l’ampoule d’angle a disparu, L’endroit est abandonné comme notre maisonnette.

Mon amie, la merlette grisonnante aux yeux définitivement tristes me dit enfin qu’elle ne partira pas et que je pourrais lui rendre visite quand bon me semble. Jai repris mon envol en me promettant une pensée particulière pour Noël à toutes les grands-mamans et touts les grands-papas qui ne pourront malheureusement pas décorer le sapin au fond du salon car, dans les établissements médico-sociaux, tout est bien organisé.

Bien à vous. 02.10.2011

lundi 12 septembre 2011

Finhaut...Valentin Claivoz en or !

Une prim'enfance baignée par la musique de son papa qui animait alors bals et autres manifestations de la région. Du haut de ses six ans, l'enfant reçoit son premier accordéon. Surprise, Valentin fait de cet instrument son pain quotidien; sans insistance aucune, l'enfant ne quitte plus les touches magiques pour lui.

Il devient évident que les cours s'imposent. C'est chose faite, grâce à Mr. Jean-Edouard Dubuis, à Sion et à Martigny. Celui-ci voit alors la naissance d'un talent hors du commun. Ses premiers résultats deviennent un "Coup de Coeur" pour Alain Morisod (2oo8). C'est donc le mythique déplacement musical à Genève. Dans la cité de Calvin, Valentin découvre alors le monde professionnel et les caméras de la TSR. Souvenir bien gravé, facile à imaginer! Cette expérience et les encouragements des pros fortifient sa détermination. Dès lors, tout va très vite. La motivation est dans le sang, la passion devient virus.

C'est sa rencontre avec Yves Moulin (Orsières), jeune musicien très connu dans le milieu qui va le propulser sur "les planches". Ainsi,en 2010, notre surdoué, jeune homme , se présente sans complexe à un trophée junior à Montrond-les-Bains (Loire,France) où il décroche une 2ème place prometteuse. Puis, c'est l'Espagne et Vigo, pour un concours mondial et c'est le 7ème rang. Notre jeune Fignolin participe ensuite à une compétition internationale (juniors-variétés) en Italie avec la 3èmeplace. Il est alors sélectionné pour un prestigieux trophée en Allemagne (Klingenthal) où toutes les catégories et âges sont représentés, pour rentrer à Finhaut avec le 9ème rang. Précisons qu'une semaine avant ce déplacement allemand important, Valentin est passé par Orbe et le canton de Vaud pour s'adjuger une médaille d'or pour la Suisse romande avec la note -excusez du peu- de 49 points sur 50 avec félicitations du Jury.

Attention, ces magnifiques résultats sont aussi, à part le talent incontestable, beaucoup de travail pour notre jeune Valaisan (16 ans). Vous ne rencontrerez pas Valentin au stade de Tourbillon...Non, pour lui, c'est un minimum de 3 heures de musique par jour. Actuellement, c'est l'école de commerce le matin et l'après-midi pour sa passion. C'est aussi des gros efforts de ses parents (financiers). Il faut savoir que pour ce niveau, Valentin tient dans ses bras un accordéon à CHF 17 ooo.- et pour notre plaisir.

Mais pour lui, la découverte du monde, les rencontres et les expériences qui l'attendent n'ont pas de prix sur ce chemin du professionnalisme. Une étoile est née sur le sol fignolin, dans un silence inquiétant...Alors, ne restons pas piétons, soyons quelquefois passants et levons les yeux...Pour ma part,j e suis bien emprunté pour adresser à Valentin nos voeux pour l'avenir, le succès bien sûr, mais surtout le plaisir...

Prochain trophée mondial: Chine

samedi 20 août 2011

Bruit ou son

Ajoutez un point d'interrogation et en voilà une bonne question. Mais,renseignements pris, la réponse n'est pas facile. J'avoue que je me suis quelque peu emberlificoté les stylos avec les termes techniques.

Ce qui m'a valu un découragement proche d'un pré-dépressif. J'ai donc abandonnée très vite les décibels, les ultrasons, infrasons et autres acouphènes, ne voulant pas non plus passer mon temps à feuilleter mes dictionnaires.

Oui, car j'utilise deux ou trois de ces livres de références, histoire de voir s'ils racontent la même chose ou s'ils se copient; enfin, je me méfie. Mais quand même! Donc, pas de réponse par ce biais à ma question du moment. Bruit ou son ?

Pourtant, il existe bien une différence. Je réponds alors à ma manière et simplement.

Le bruit, c'est désagréable et le son plaisant. Vous pouvez vous endormir avec une jolie musique de votre goût, mais avec un ronfleur(se), impossible sans recourir aux moyens connus, tels que la fermeture hermétique de vos canaux auditifs ou la prise buccale d'une pastille choc.

Je me souviens enfant, en vacances chez mes grands-parents...grand-papa commençait son concert vers vingt trois heures et ma grand-maman, elle sifflait. Je ne comprenais rien à ces bruits bizarres que la frêle paroi de bois ne retenait point.

Bruit ou son? Question d'interprétation certainement. Voyez le propriétaire d'une belle voiture qui a installé un pot d'échappement à double sortie et qui se prend à rêver de rallye, ou encore cette rutilante machine aux couleurs personnalisées qui roule fenêtres ouvertes (en ville) avec une sono super puissante, vous faisant rompre les tympans en attendant le petit bonhomme vert. Ceci me fait penser au zoo dans lequel le paon déploie ses plumes multicolores en chantant afin d'attirer une probable femelle!

Bruit ou son?

Pas faire de bruit est mission impossible...Le rapace, le félin, le chasseur, le pêcheur, le cambrioleur, tous sont adeptes de silence. Un bruit inhabituel en forêt et l'alarme est donnée, ce n'est pas la marmotte qui va me contredire. Plus compliqué, le serpent n'a pas d'oreilles...C'est donc chez lui les vibrations qui vont le renseigner. Le son est la sensation auditive due à une vibration acoustique appelée simplement onde. Moi, je croyais, quand j'étais naïf, donc il y a fort longtemps,q u'une oreille qui siffle, c'était quelqu'un qui pensait à moi-pas en mal, bien entendu-. Que nenni! Si c'est fréquent, il s'agit d'une surcharge auditive que l'on nomme acouphène. Contactez donc votre ORL préféré, vous découvrirez alors le bruit blanc, mais cela se complique, alors...

Je m'insurge contre les citadins de passage chez nous qui se disent dérangés par nos cloches, celles du bétail ou celles des églises, comme s'ils préféraient le bruit sournois des villes.

Et puis,il y a les bruits suspects,les bruits qui courent,dangereux car inaudibles.

Un bruit silencieux, ça existe donc.

Mais un jour,par manque d'ascendance, ils chutent. Gardons nos sons et nos bruits, ce patrimoine ambiant et sachons apprécier la chance que nous avons dans nos villages.

Bruit ou son,peu importe...

Chut...on pourrait nous entendre...

Pensée de l'édition,selon Mark Twain

"Le tonnerre est impressionnant,mais c'est l'éclair qui est important"

A la porte de l'automne...bleu ou jaune ?

Pour beaucoup, c'est une belle saison, non pas pour la période de l'année, mais bien pour la palette des couleurs que nous offre la nature.

D'où mon interrogation sur les couleurs...

Je me suis rendu compte que tous, nous avions une préférence et que celle-ci est souvent analysée par des spécialistes. Il y a longtemps que les couleurs ont pris leur place dans le commerce, les hôpitaux, les coutumes, le mode de vie quoi...

Casse-tête encore pour le choix des décorations de la maison ou de l'appartement, de l'habillement, de la voiture...

L'homme utilise aussi les couleurs pour des messages et la réglementation de la vie en commun.

Le blanc, par exemple, mais est-ce une couleur? avec sa fameuse ligne à ne pas franchir. Le rouge, signe d'interdiction, le bleu d'obligation.

Pour ma part, je préfère le bleu ou le jaune. Le bleu, comme mon ciel, le jaune comme mon soleil. Le bleu plaît généralement à toutes les générations; il ne faut tout de même pas en abuser. Le jaune indique la fête, la joie, la chaleur, l'ego et la puissance; il signifie aussi, dans le négatif, la traîtrise, le mensonge et la tromperie. Le jaune était la couleur de l'empereur de Chine !

Ces trois couleurs, le bleu, le jaune et le rouge sont primaires. Elles sont également utilisées pour l'accueil ou un carton d'invitation!

C'est ainsi que les communes, bien sollicitées, les utilisent pour recevoir les flots journaliers de véhicules en tous genres...On s'aperçoit alors que les couleurs sont également et malheureusement symboles de la privation des libertés!

Epilogue...

L'autre jour, je rencontre deux familles réunies pour la journée et en visite certainement sur les hauts.

Arrêt au village. Quelques courses au magasin encore ouvert, puis l'apéro au restaurant...Décision alors de prendre une bonne fondue avant de continuer la route vers la montagne. Certainement des citadins,vu la bonne organisation du petit groupe! C'est à l'aîné des enfants en pré-adolescence qu'échoit la responsabilité de tenir la pendule à l'heure-c'est l'apprentissage de la tricherie, et à l' âge qu'il a, les disques, c'est son truc...

Le temps de finir les amuse-bouche salés (bretzels,cacahuètes,gâteries,etc) Il n'y a pas d'amandes,sauf peut-être après le café,amendes cette fois-ci...et salées...

Pour ma part, même si un vilain nuage blanc vient à cacher mon ciel et mon soleil, je n'ai qu'à baisser les yeux et je retrouve au sol, mes deux couleurs préférées,bien alignées...

jeudi 9 juin 2011

Rencontre au sommet...

La météo prend toute son importance lors d'organisation de diverses manifestations. Chez moi, c'est une entière confiance que je voue à ces laboratoires qui tournent au-dessus de nos têtes et qui nous prédisent la météo à une heure près. Les dictons, je les garde pour me mettre à la hauteur d'une conversation.

Je fais confiance à Mr.Jeanneret.

Ce beau jour d'été que j'avais donc choisi, était réservé à une ballade sur le site du Vieux Emosson, endroit que j'adore, que je vénère presque! Je pars de bon matin, ce qui ne veut pas dire tôt puisque le soleil a déjà franchi l'Arpille. Après un bon café au restaurant d'Emosson à un prix encore raisonnable, je me faufile dans dans le couloir où un groupe s'apprête à démarrer et je croise un autre groupe qui vient déjeuner. Je réussis tout de même à m'échapper de ce bouchon de centre commercial pour rejoindre l'air, le bon air de là-haut.

Immédiatement ,je viens en aide à une petite dame en difficulté dans l'ajustement de son sac à dos. Tout en me remerciant, elle se présente..."Lina,nous venons d'"verdon, me dit-elle, pour visiter les traces des dinosaures, et d'ajouter aussitôt, "et vous vous rendez compte, c'est bien une idée de mon mari et vous croyez qu'il serait venu m'aider à démêler mes bretelles !" Le petit groupe s'ébranla lentement. Lina me désigne l'avant du peloton avec son bâton de marche. "Vous voyez le petit avec la veste rouge, c'est mon homme de mari.Tonio, de préciser. Il fait le coq devant, mais cela ne va pas durer. Il fatigue vite, ce qui m'inquiète, car il est désagréable dans ces moments-là !"Enfin,tout va bien...Faut-dire qu'on chemine encore sur le plat...

J'ai, quant à moi, la vague impression que mon parcours ne sera pas réservé aujourd'hui à l'observation, vu le bagout de Lina, ce qui en définitive, n'est pas pour me déplaire. Je trouve en effet, à travers son langage toute la fraîcheur, l'honnêteté et l'amour d'une autre région romande.

Lina me pose ensuite la question que j'attendais "Faut compter combien pour aller là-haut ?" Je reste évasif ,histoire de ne pas casser l'ambiance qui règne encore dans ce petit groupe.Je comprends mieux lorsque Lina m'apprend qu'elle a tenu comme gérante un kiosque à journaux au centre d'Yverdon, sa ville natale. Il est vrai que je ne peux pas en placer une!Je comprends aussi ce sifflement cadencé qui provient de sa chaussure droite. Des chaussures neuves que son Tonio lui a vivement conseillées pour leur venue à la montagne. Elles se forment, paraît-il?...

Et puis il y a ces bâtons de marche qui l'énervent. "Regardez mon mari, il les laisse dans son sac! Pourtant c'est encore un de ses conseils, médical celui-là,q ue de prendre ces bâtons. On dirait qu'il transporte son paratonnerre !"

L'occasion est bonne pour m'informer que son Tonio est moitié Italien par son père et qu'il a toujours rêvé de tenir un grotto par le Tessin. En fait de rêve, il s'est vite effacé et voilà quarante-cinq ans qu'ils habitent rue de la Thièle, au 27, 3ème étage avec lessive le jeudi! Alors,ce beau jour de sortie devait être une fête, mais risquée... A tout moment, le cauchemar pouvait survenir, surtout que la montée s'avère plus dure que prévu. Tonio a abandonné la tête du peloton, selon lui pour prendre des nouvelles de sa moitié. Je souris discrètement, à voir les couleurs que prend notre homme. Ce qui n'échappe pas à Lina, inquiète dès lors. Tonio a trouvé un caillou pour s'appuyer, et entre deux respirations, de lancer à Lina "T'as-vu,Choupette,ce que l'on a déjà fait !" La bonne dame s'excuse presque "Oui,c'est comme ça qu'il m'appelle," mais dans la philosophie de Lina, le présent se vit en regardant l'avenir, pas le passé et c'est donc d'un regard plus noir qu'elle voit la suite de la journée, surtout que la deuxième chaussure commence à se manifester.

Le pas, plus lent, certes, mais bien cadencé reste au programme. Un touriste, descendant, informe le groupe de l'existence d'une buvette à mi-parcours. Du coup, Tonio regagne quelques places au classement que suit attentivement Lina, qui redoute le pire.

Ceci me fait penser à ces organisations féministes qui devraient se pencher sur un autre phénomène, plutôt que celui de la politique ou des multinationales, où elles envisagent des quotas! Pourquoi en randonnée ou à vélo, l'homme va toujours devant? J'évite la question pour Lina, qui, elle, se demande dès lors pourquoi ces grosses bestioles ont été pataugé là-haut. J'évite également une réponse qui est aussi longue que le chemin restant !

La montée dure encore et Tonio perd des plumes à chaque virage. Je ne vivrai pas la fin de la ballade avec ce couple sympa. Normal...en quelque sorte. Je sais par contre que l'ambiance va s'alourdir è l'annonce de Lina qui a oublié l'appareil à photos sur la table de la cuisine, rue de la Thièle, au 27, 3ème étage...à Yverdon...

Rencontre au sommet peut-être pas comme vous l'imaginiez, mais qui, pour moi, restera bien inscrite dans la liste de mes petits bonheurs...

"Le temps passe et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface"

samedi 26 mars 2011

Le Passant...

Il doit passer, il va passer. Le passant passe, un point c'est tout !

Il suffit de l'attendre, comme on attend un train qui ne s'arrête pas. Dans mon imagination, ceci pourrait être la fin d'une belle petite histoire.

Le passant n'a pas de bagages, sinon c'est un voyageur!

Le passant va doucement, sinon c'est un piéton!

Le passant regarde ce qu'il veut, sinon c'est un touriste!

Le passant s'agite de jour, de nuit, en ville, en campagne, en plaine ou en montagne; il passe partout mon passant. Mais ne le confondez pas, de nuit, avec un rôdeur, de jour, avec un vagabond, sur le pâturage, avec un maquignon.

J'aimerais parler avec un passant, il me montrerait ce que je côtoie moi-même et que je ne vois pas; il m'apprendrait à observer et à écouter avant de parler, à réfléchir posément avant d'agir bêtement. Il'apporterait peut-être les réponses à mes questions éternellement en suspens.

Toujours, avec mon imagination, je le vois avec un long manteau, un chapeau aux larges bords. Mais mon imaginaire vieillit avec moi, donc méfiance avec ces clichés...

Enfin, le passant passe un point...non, ce n'est pas tout.

Il faut que je rencontre mon passant. Pour ce faire, je décide de me rendre à la ville, car j'y augmente mes chances, pensais-je..Erreur, pas l'ombre d'un passant et que des piétons, avec la sensation de mettre mes pieds dans un jardin abandonné, où la nature a repris le dessus. Le piéton, ce bipède grand majoritaire en ces lieux est facilement identifiable: il marche vite, les yeux fixés sur les souliers et une main à l'oreille! J'ai dû m'écarter et me faufiler. Pas facile quand on a perdu le rythme.

Je découvre aussi le piéton fainéant, celui confortablement installé sur ses quatre roues carrossées, l'oeil méchant à la recherche d'un petit endroit pour immobiliser son engin dépensier!

Avant de reprendre mon chemin de fer, sachant que je ne trouverai pas mon passant idéal dans cette masse silencieuse, je mets la main encore sur un autre type de piéton fainéant. Alignés au bar d'un bistrot, ils débattent bruyamment sur le prix du ballon de blanc, sans se rendre compte qu'après le quatrième appel pour entendre une réponse invariable "mais oui, j'arrive" le prix du dit ballon a bien augmenté !

De retour au bercail, je sais dès lors que mon passant traversera mon village bientôt. Je voudrais lui faire part de ma grande crainte, celle d'être sûrement un piéton sans le savoir...

Ce fameux passant que je recherche tant,n'est-ce pas moi-même?

Dans la même collection, et à votre bon coeur:

Les voyageurs de Guerre

La nymphomane du pâturage

Gare à vous

L'intelligence de l'Imagination (épuisé)

dimanche 3 octobre 2010

Un lieu de rencontre...

Le grand Simon était penché et observait en faisant des petits pas de gauche à droite. Il interpella Albert qui l'accompagnait en ce samedi matin. "Mais comment pratiquait-on dans le temps?"

"Ouais, il faut dire qu'avant, on achetait pour une vie et puis on ne jetait pas; au pire, on entreposait dans les caves profondes, les granges. Et puis aujourd'hui, tout est fait pour ne pas durer, il faut vendre. Regarde là-bas, au fond du hangar, les ordinateurs, les aspirateurs et les appareils ménagers, ils ont juste deux ans pas plus."

Vous l'avez compris, nous sommes dans la déchetterie communale, devant une série de grosses bennes bien alignées. Chacune "avale"sa spécialité. Moi, j'aime bien celle des objets encombrants, il y a de tout,même ce que l'on ne peut pas imaginer. On dirait un sac à main de femme!

C'est le paradis des collectionneurs, des bricoleurs du dimanche et autres curieux de découvertes. Avec un peu d'imagination, on peut voir le temps passé. Par exemple, découvrir des outils depuis longtemps oubliés où il faut un vieux qui vous explique le pourquoi du comment. Comme ce jour où j'ai vu la panoplie complète du cordonnier d'alors, y compris les boîtes de clous, disparaître au fond de la benne ad hoc.

La déchetterie ou déchèterie, c'est selon, est aujourd'hui un lieu incontournable dans notre vie. C'est aussi et surtout un lieu de rencontres des temps modernes.

Dans les communes plus importantes,on y remarque ainsi les futurs élus politiques, en période électorale. Preuve que l'endroit devient important, n'est-ce pas?

Les déchets ménagers sont un autre problème inquiétant qui incite certaines chaînes alimentaires à réduire leurs emballages.

Pour les communes de Finhaut et de Trient réunies, c'est la grosse compactrice qui gobe vos sacs à déchets. Elle rejoint la plaine tous les quinze jours avec ses sept tonnes. Un effort est donc indispensable au début comme à la fin de la chaîne pour atténuer cette avalanche.

"Montre-moi ta poubelle et je te dirai qui tu es !"

Horaire d'hiver de la déchetterie Trient-Finhaut: mercredi 14h00-17hoo, samedi 09h00-12hoo