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L’agonie de l’United Malika

L’image date de 2006, l’impressionnant United Malika (Tanger) échoué sur une plage du Cap Blanc à quelques kilomètres de Nouhadibou en Mauritanie.

Rempli de machines-outil, il attendait un désensablement par une entreprise mexicaine spécialisée dans le domaine.

Le Guadaloupe

Les images satellites démontrent aujourd’hui que les hommes en ont décidé autrement. La mer se chargera de sa destruction, comme des milliers d’épaves sur ces côtes africaines.

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Comment Nespresso m’a passé l’envie de boire du café.

Toute ma vie j’ai senti la bonne odeur du café. Au petit matin, mes grands-parents le faisaient au filtre. C’était le café au lait des vacances, dans cette France d’alors qui ne savait pas faire du café. Mon père lui, faisait son café avec une cafetière italienne, ajoutant une touche de professeur Tournesol à l’enfant que j’étais et qui regardait la magie opérer dans le brouhaha de l’ébullition. Puis, ado, j’ai commencé à boire du café, comme les grands. Le matin, même si on n’en avait pas le besoin, je me donnais la peine de me faire du café, filtre bien sûr. Dans les années 90’s, la démocratisation des machines « expresso » à un prix de fou, nous donnât enfin l’accès au vrai café. Du café frais, en grain, que l’on verse dans sa machine qui va moudre la quantité exact pour le café choisi. Probablement le meilleur.

L’an 2000 devait bien arriver et notre manière de consommer le café avec. Mais c’est déjà vers la fin des années 80’s, que des petits génies du marketing ont inventé le concept des dosettes qui deviendront les capsules Nespresso et connaîtrons dans les années 2000, un succès mondial.

Nous sommes tous esclaves de ces dosettes aujourd’hui. Pour preuve le chiffre d’affaires engendré par la vente de ces dosettes dans le monde et qui s’élève à près de 2 milliards de francs.

Petit à petit, après avoir testé dix milles sortes de saveurs, qu’elles soient de la marque d’origine ou génériques, je suis arrivé à la conclusion que, finalement, je ne buvais que du café déjà moulu et emballé dans une dosette en alu ou en plastique. L’odeur du grain moulu remplacé par le bruit infernal de cette pompe à eau des machines Nespresso…

Adepte du bon goût, mais conscient que la caféine peut aussi poser des problèmes de santé, ou à tout le moins d’y jouer un rôle, j’ai un jour, arrêté de boire du café.

Pas de grands changements dans ma vie, ni d’impact que je puisse mesurer sur mon « capital santé ». Je regarde maintenant les pubs Nespresso avec encore plus de distance, non sans rire de l’humour so british qui en découle.

C’est un peu à Nespresso que je dois l’arrêt de ma consommation de café. Et vous ?

Steve Rothery

Il aura attendu plus de trente ans, mais c’est fait. Steve Rothery sort son premier album. Guitariste de Marillion depuis les début de la formation, il avait certes participé à des projets hors de son groupe, comme The Wishing Tree dont je lie une vidéo rien que pour le plaisir d’entendre la superbe Hannah Stobart…

Mais je m’égare, ce génial guitariste qu’est Steve Rothery a donc enfin sorti un album de sa composition. Contre toute logique commerciale -et ça nous plait- Steve Rothery a sorti la version live AVANT la version studio.

Pour acheter l’album The Ghost of Pripyat sous quelques formes que ce soit c’est là : Steve Rothery le site web

Steve Rothery est aussi -et c’est moins connu- un passionné de photographie. De géniales images de Marillion inédites à découvrir sur ce site Longue vie, Steve !

Le retour des cendres

La route qui mène à la montagne est sèche, même si ce mois de septembre 2014 est plutôt humide, la forêt regorge d’eau, il fait doux. Je suis ces lacets de bitume que je connais si bien. En prenant de la hauteur, Martigny devient si petite. Je l’ai vu tant de fois d’en haut, la nuit elle a des airs de Los Angeles avec ses rues droites et son éclairage blafard. C’est souvent la réflexion que je me faisais lorsque je redescendais de Finhaut en faisant une halte pour contempler la vue de nuit, pour réfléchir, pour digérer mon passage dans le village de mon père.

Aujourd’hui je fais le chemin vers ce petit village accroché à la montagne avec les cendres de mon père. Il revient par la route, sans la voir. Une dernière fois, un dernier voyage que l’on fait ensemble. Il ne s’arrêtera pas dans ses lieux préférés, impatient à l’idée de prendre son apéro, d’échanger dans les lieux publics où il passait la plupart de sont temps. Là où les éclats de voix au fort accent valaisan se font entendre, dès que l’on parle barrage, hydrodollars ou encore du Président de commune. Ces lieux finalement étroits où tout se fait ou se défait, les rêves et les projets qui prennent parfois formes, s’oublient ou se réalisent, peu importe. C’est là qu’il a passé sa vie.

C’est derrière l’église que je l’emmène; étrange pour un homme qui n’aimait pas les curés. Mais dans l’enceinte du cimentière, je comprends mieux; il y a la vue sur la vallée, sur ce grand hôtel du XIX aujourd’hui désuet. C’était le plus majestueux d’une époque faste et maintenant oubliée, juste en dessous duquel sa petite maison faisait face à la vallée, au Martigny-Châtelard-Chamonix et sa voie électrifiée. Combien de fois l’a-t-il entendu, vu passer, combien de signes au conducteur depuis cette terrasse exposée plein sud. Derrière sa barbe, mon père regardait sa montagne et son jardin en friche, son chat comme seul témoin, assis sur sa chaise de brocante.

Il est un peu plus haut maintenant dans ce village qu’il aimait tant. Je porte sous mon bras les cendres qui marquent ainsi son retour. Parti il y a maintenant trois ans pour allez mourir en plaine – la vie est pleine d’ironie avec ceux qui aiment la montagne- mon père n’était revenu qu’épisodiquement ici, ses forces le quittant. Mais il l’emporte finalement sur la mort, il est avec sa montagne, accroché à son flanc, pour toujours, les souffrances et ses démons en moins.

Tout se termine ici, aujourd’hui. Ne reste que les souvenirs, les écrits, les images et cette voix qui résonne parfois. Finhaut deviendra pour moi le lieu où se trouve la mémoire de mon père. Son petit-fils y viendra peut-être un jour pour le voir, qui sait.

Le jardin en friche…

Nos actes manqués

Ils nous poursuivent parfois loin dans nos existences, c’est certain. Regrets, amertume, souvenirs, font qu’à chaque fois qu’un acte manqué me revient, je le regrette amèrement. J’aurai aimé être meilleur alors, mais ça n’a pas été le cas. Ceci dit, ces regrets n’ont rien de bien dramatiques, mais je n’ai pas toujours trouvé le cheminement intellectuel à accomplir, pour enfin arriver à l’acceptation de l’acte manqué, sans regret. Diantre, que la vie est complexe. On agit à un moment donné de son existence avec la certitude de faire juste, aveuglé par des idées, des sentiments, sans recul aucun et souvent sans cohérence véritable. Pas simple de s’y retrouver

Au temps qui passe, l’expérience s’accumule, et la décision d’un acte devient complètement assumée, et peu même provoquer du plaisir. Un exemple tout personnel. Voici 20 ans, j’étais amoureux d’une fille si jalouse qu’elle m’en pourrissait mon existence débutante, pourtant -et comme souvent-, toute vouée à sa petite personne. Un jour, elle trouva ma boite à souvenirs dans un petit carton. Il contenait le résumé d’un parcours d’adolescent, composé de lettres « d’autres z’amoureuses d’alors », de photos en noir-blanc prises dans un photomaton de gare, ou encore de petits objets, souvenirs d’idylles passées et souvent platoniques. Je fus alors sommé de débarrasser mon logement de ces infâmes témoins d’un temps heureux, ceci pour le bien-être de ma chère et tendre future femme. Et bien j’ai, tenez-vous bien, ……..accepté (dans le but probable de l’épanouissement de l’amour sans ombre qui nous guettait…). Je vous ai entendu jusqu’ici penser; « Mais quel imbécile« , et bien-sûr que vous avez raison. A l’époque j’avais été juste incapable d’imaginer une solution alternative, oui le titre d’imbécile me va bien. J’avais pris ma boîte à souvenirs pour la transformer en cendres, qui s’étaient dispersées dans une de ces forêts jurassiennes que j’affectionne tant. Là où je peux m’en vouloir, c’est qu’en regardant mes souvenirs partir en fumée, je n’avais même pas réalisé le non-sens de l’acte irréversible que je commettais, certain que du haut de mes 22 printemps, je prenais LA bonne décision, persuadé d’être dans le juste. En définitive, ma pénitence d’aujourd’hui c’est de m’être déçu moi-même.

Mais cette année à la faveur d’un déménagement, j’ai (re)trouvé dans mes affaires, une boîte à chaussures contenant le courrier de mon ex-femme, celle-là même qui me fit détruire jadis mon trésor mal caché. Courrier, photos, petits objets, bref, les souvenirs d’une vie de couple ratée qui s’était finalement soldée par un de ces divorces dont nous cultivons le secret sous nos latitudes.

Eh bien c’est avec un coupable mais certain plaisir intérieur, que j’ai réduit, non pas en cendres, mais en fins copaux de papiers, ces écrits qui n’ont depuis longtemps plus aucune valeur à mes yeux, mais que je gardais précisément par la crainte du regret. En lieu et place des sapins d’une joux cinquantenaire où les lettres d’adolescentes amoureuses s’étaient perdues, c’est dans un récupérateur de papiers que les copaux du souvenir ont fini et ceci, sans regret aucun.

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