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Fin de cycle

La nuit tombe si vite, c’est maintenant l’hiver. A fin décembre, nos heures de lumière valent si chers. L’ambiance de Noël, de fin d’année, de fin de cycle, donnent ce mélange de joie et d’amertume. Et voilà qu’arrive incessamment janvier, ses rigueurs, sa lumière bleutée et ses forêts de branches nues. Il nous laisse entrevoir ces jours plus longs qui reviennent lentement, qu’on attend. Le déclin est terminé, la lumière revient vers le côté chaud du spectre, promesse de douceur et d’un printemps à venir.

2013 s’achève, tant mieux. C’est tout personnel, mais c’est comme un soulagement. Et pourtant, depuis que je m’en rends compte, je n’aime pas me dire que ce temps – si précieux- doit vite passer; mais là oui, j’en ai besoin. Et pour la première fois de ma vie, je ressens la nécessité de me dire que l’année qui va de naître au milieu d’une nuit, va être meilleure.

Elle est terminée, mais 2013 m’aura fait porter bien des fardeaux. Terminée comme l’existence de mon père, de Sam le chat, de ma vie en lisière de forêt, de ma 42ème année. En 2013, j’ai construit une maison, regardé grandir mon fils, presque terminé une restauration mécanique invraisemblable, soigné un disque lombaire, trouvé tant de solutions à tant de problèmes, on s’essouffle en fin de course, mais voilà 2013, c’est presque fini.

A l’aube du premier jour de 2014, je veux croire en une année plus légère.

Stockolm, (petite) escapade suèdoise

La « capitale annuelle », de la très fermée « Loge DEBB » était, cette année, Stockolm. Ce trop court séjour nous aura permis de déguster quelques excellents plats dans notamment le Dramaten Restaurangerna. De visiter l’incroyable musée du Vasa et de se rendre compte que les membres du groupe Abba, sont bien des célébrités de là-bas.

Une magnifique balade en bateau dans la baie de Stockolm nous a permis de constater qu’il y avait un système d’écluses qui isole en fait un des îlots de la ville. On a terminé par un petit pèlerinage sur les lieux de l’assassinat d’Olof Palme, qui est un des événements qui m’avait marqué à l’époque. Cela dit aujourd’hui une rue porte son nom et une simple plaque au sol rappelle ce crime encore non résolu.

La ville est belle, le ciel est grand, les suédois visiblement sympas. Les transports publics sont efficaces, rapides et ponctuels. Bref ça fonctionne.

C’était ma première fois en Suède, et j’y retournerai, je me le suis promis.

Quelques images :

Le métro de Stockolm et les décors incroyable de la Station Royal

Le superbe musée du Vasa,

La baie de Stockolm

Idem, mais qui suscite un noir blanc contrasté

Un superbe trois mats

Signalisation locale

D’autres images dans la galerie

1986

La nostalgie est peut être normale à mon âge, ou alors est-ce la déferlante d’archives toujours plus accessible du net qui l’alimente ? Aucune idée, mais j’aime me souvenir et encore plus de retrouver sur la toile des images oubliées depuis longtemps. C’est aussi une manière de porter un regard sur la culture qui a baigné mon adolescence, avec toute la réflexion de l’expérience d’une moitié de vie.

Alors je vais mettre un peu de sens à ces souvenirs et particulièrement ceux qui concernent la musique. L’émotionnel est très lié à la musique, un simple mélodie peut vous faire basculer des années et des années en arrière, à une époque heureuse ou pas. C’est d’ailleurs le fond de commerce d’Alain Morisod!

Très arbitrairement, je vais commencer ce périple dans le passé par l’année 1986, car là, j’ai quinze ans et je découvre, incrédule, le monde. J’aime, je déteste, je commence à comprendre que la suite ne va pas forcément être simple. 1986, c’est un peu l’année où je me suis réveillé. Mais pour l’histoire avec un grand H, 1986 reste une année relativement riche en évènements. Je parle bien sûr de ceux qui m’ont marqué comme la démonstration du savoir-faire russe en matière nucléaire, dans l’usine jusqu’alors inconnue de Tchernobyl en Ukraine, ou encore la navette Challenger qui aussitôt partie vers l’espace est redescendue sur terre sous forme de petits morceaux de métal incandescents, cosmonautes compris. En 1986 le monde est divisé en deux: Les bons et les méchants. Par chance j’étais chez les bons, d’ailleurs ne dit-on pas « l’ennemi est bête il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui » ! Bref, le mur de Berlin et là pour nous rappeler qu’il y a deux mondes dans le monde. Sinon les conflits se portent bien, il y a des guerres dans le Golfe persique, au Liban, en Amérique du sud, en Afrique. Plus légèrement, dans le monde de l’art, c’est des sorties de films au cinéma dont quelques-uns deviendront cultes, c’est aussi des artistes « français » -majeurs ou pas- qui se tuent en moto ou en hélicoptère et Téléphone qui raccroche définitivement. Mais 1986 c’est aussi –et on en a peu parlé- mon camp de ski à Zinal où j’ai personnellement trouvé qu’il faisait beau y être…

Musiques et vidéos

Pas facile de faire une sélection, mais commençons par l' »original soundtrack » du film Rocky IV. C’est un des premiers films que j’ai vu au cinéma, un mercredi après-midi, accompagné d’une adolescente qui, si le monde n’avait pas été injuste, aurait dû se marier avec moi(!) Bref le cinéma avec les filles, c’est l’étape de la vie qu’on n’oublie pas…. Survivor passait en boucle sur Music Box, l’ancêtre de MTV. Le film lui est un navet, mais à l’époque j’avoue que je n’en m’étais pas aperçu

Mister Mister n’a pas fait beaucoup d’albums, même si les musiciens qui composent ce groupe poursuivront des carrières plus ou moins réussies à l’instar de Pat Mastelotto le batteur. Broken Wings restera à jamais en moi.

Toujours la même année, les excellents Van Halen et leur nouveau chanteur me font comprendre qu’il n’y a pas que Michel Sardou qui a de jolies lumières sur scène et que le rock FM attire bien plus les jolies filles….

Les Pet Shop boys arrivent au début 1986 avec West End Girls. La déferlante brit pop ne me laisse pas indifférent, mais ça sera leur seul titre qui me fera vibrer. Très bonne vidéo au demeurant.

Le milieu des années 80 c’est aussi des groupes qui nous ferons rire encore longtemps et qui laisseront un trace caricaturale de la décade. Je me souviens très bien d’Alphaville qui rencontrait un immense succès auprès de mes congénères à l’école. Alphaville était un groupe allemand qui a connu un immense succès et dont les membres devaient prendre beaucoup de drogue. Résultat; une sorte d’électro-pop-kitsch, merci à eux !

Plus sérieusement, en 1986 je découvre Fugazi, le deuxième album de Marillion. C’est la révélation. Quelque chose me correspond si profondément que Marillion reste aujourd’hui un groupe que j’écoute régulièrement, comme vous avez certainement pu vous en apercevoir au travers de mes billets. Pour la petite histoire, je n’ai découvert la vidéo d’Assassing que bien des années plus tard, car en 1986, ça ne passait pas à la TV. Ici nous avons droit à une version « Alternate mix » très intéressante. Je reviendrais plus tard sur ce groupe

La première fois que j’ai vu la vidéo de Rock me Amadeus, je me suis dit que le gars qui avait fait ça était un génie ou un fou. La production de ce titre est extrêmement bien foutue et mérite -pour les amateurs- un écoute sous casque. Pour la petite histoire Falco s’est tué en voiture en 1998 à Madagascar. En Allemagne, un film lui a été consacré. Ce titre a quand-même été classé N°1 aux USA, ce qui est une performance.

En suivant ce lien, vous verrez une superbe version live de Rock me Amadeus avec un philharmonique et Thomas Lang -pour les connaisseurs- à la batterie.

Bon il y a les inévitables « Fab’ five » Duran Duran, qui fort de leur succès planétaire, sortent le finalement assez bon Notorius. Allez hop un extrait, car j’aimais aussi ça.

Pour finir avec la pop, il y avait bien sûr Prince, dont on se moquait de sa voix si aiguë dans Kiss, mais dont je comprendrais que plus tard le génie de cette chanson.

Puis il y a David Bowie, sans qui le monde serait différent j’en suis sûr. En 1986, Absolute Beginners, film musical sort et dont est extrait ce « soundtrack »

Cinéma

Impossible de mettre toutes les vidéos des films que j’ai découvert en 1986, alors je vous renvoie à des liens pour les extraits; Dans le désordre, Highlander que j’avais adoré, ou le génial premier épisode de Retour vers le futur. L’incroyable Kamikaze avec Galabru en fou furieux, et l’affiche de Platoon qui a tellement marqué mon esprit que je me souviens même où elle était placardée dans ma ville d’alors. Bien sûr il y en a eu bien d’autres, mais en 1986, aller au cinéma explosait mon budget…

Dans le genre, Live to tell de Madonna est un tube énorme en 1986, mais le film Comme un chien enragé (At close range) dont est extrait cette chanson vaut le détour.

Voilà pour l’année 1986, bien sûr que j’ai probablement oublié plein de bonnes choses, je vais essayer de me rattraper avec l’année 1987 !

Aventuriers pas si ordinaires

Il est des gens sur cette terre qui vont au bout de leurs idées, par conviction, par goût, par envie et qui, comble du luxe, n’ont pas peur du vide, ni de se lancer à l’aventure. Parce que c’est précisément bien plus dur de se jeter dans la mare lorsqu’on a tout; de magnifiques enfants heureux et en pleine forme, un job sympa, pleins d’amis qui vous aiment, un break allemand, un iPhone….

J’ai donc un pote sur cette terre, qui avec ses deux enfants et leur mère, ont (presque) tout liquidé pour partir à l’aventure, loin. Mais loin, très loin, genre l’Amérique centrale, et pour longtemps. Deux années exactement.

Soit, cette incroyable motivation a pour trame de fond un projet dit « de coopération ». Bon, il n’est pas religieux -c’eut été une insulte à leur subtile clairvoyance-. J’abonde donc. N’y voyez surtout pas des humanitaires neuneus, partis se soigner eux-mêmes sur le dos des plus malheureux. Non, là c’est laïc, modeste, sérieux, bref utile. Alors, qui de nous oserait le faire ? Pas moi visiblement puisque je reste là. Devant la formidable aventure de cette famille, je suis béat d’admiration, car j’adore l’esprit et admire le courage.

Suivez donc les extraordinaires aventures des henryjaquet.ch et pourquoi pas adhérez à leur projet.

L’organisation pour laquelle s’engage Anouk, la compagne de mon pote, déploie ses efforts dans plusieurs pays, dans un but de coopération et de promotion de paix. Bien qu’à l’origine d’obédience chrétienne, Eirenne Suisse est totalement laïque. Visitez le site pour une information complète. http://www.eirenesuisse.ch/

Les Alliances

Pour survivre, l’homme, dès qu’il fut doué d’un peu de réflexion, a très vite dû établir des stratégies. Parmi celles-ci, se trouvent les alliances. S’allier par nécessité sous-entend une concession contre nature, quelque chose d’obligé, mais qui ne sert que son intérêt. L’alliance; non pas celles que l’on passe autour d’un annulaire, promesse d’une vie de bonheur, quoique… (et si elle était aussi stratégie en l’espèce?)

Mais revenons à ces alliances, celles que l’on convient avec généralement un ou des individus que l’on apprécie que très moyennement et pour un objectif précis mais inatteignable sans eux. Oui la vie est dure et l’alliance a ses effets pervers, contre nature, inavouables, honteux, voir moches.


De nos jours, ou plutôt à notre époque, les plus touchés par ces alliances contre nature sont les gouvernants, hommes d’États, politiciens ou encore monarques, et ils apprennent très vite l’art de l’alliance contre nature, pour atteindre un but quoi qu’il en coûte. En totale contradiction avec notre morale judéo-chrétienne ou même sociale, les alliances se font et se défont au gré des évènements. Reconnaissons à nos politiciens, particulièrement en période électorale, une certaine habilité dans l’usage des alliances contre nature. Encore heureux, me direz-vous que nos énarques cravatés, nés pour conduire le peuple, puissent poignarder -si possible dans le dos- leurs congénères, pour peu qu’ils aient l’outrecuidance de quelques velléités électorales. Paradoxalement, l’alliance contre nature n’a que peu cours dans nos cages d’escaliers. La locataire irascible du 3ème à gauche ne fera jamais schmolitz avec le concierge, même pour gagner un jour de lessive, question d’honneur.

Mais alors la fourberie serait-elle l’apanage des élites ? N’y aurait-il qu’en politique où des amis de trente ans se déchirent pour un trône dans l’hémicycle ? Et bien je vais vous rassurer; les fourberies et les trahisons sont légions à tous les niveaux. Que celui qui n’a pas été victime ou simple témoin d’une belle petite trahison dans sa famille, son club de pétanque ou à son travail, jette la première pierre.

Quel que soit notre niveau social, nous nous apparentons tous, de près ou de loin, à un clan, un côté ou un courant. Les raisons en sont simples. Vivre ou travailler en groupe nous oblige à adopter ces codes d’alliances. Malheureusement ces codes ou règles sont établies par ceux qui dirigent. Nos vies sont rythmées par des cycles, un peu comme ceux que l’on observe dans la nature. Il nous parait donc normal qu’un d’entre nous fomente un putsch pour éjecter celui qui occupe le poste ou la situation désiré, et le remplace si sa stratégie est gagnante.

En cela, c’est précisément le cycle qui est intéressant. Dans tous clans, lorsque la tête tombe et roule aux pieds des prétendants, les servants, amis d’alors, s’entre-déchirent pour la place vacante. C’est exactement ce que vit un parti politique en France en ce moment (UMP). A bien plus petite échelle, cette logique implacable s’applique aussi. Pas besoin de dire à un loup qui il devra frapper le moment venu. Alors si je peux me permettre, il est bien plus agréable d’être spectateur qu’acteur de ces alliances contre nature, car voyez-vous, regarder s’étriper les loups entres eux a quelque chose de ma foi sympathique, voir même jubilatoire pour peu que le perdant du jour était le gagnant d’hier, c’est un peu de Justice dans ce monde de peine.

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