The Nostromo

jeudi 8 décembre 2011

Marillion au Z7

La meilleure chose qui puisse arriver à un fan, c'est de rencontrer son ou ses idoles; ça m'est arrivé. Heureusement, après tant d'années à écouter __Marillion__, la ferveur ou l'admiration sans borne a fait place à une exaltation plus mesurée, moins frénétique en tout cas, mais certainement pas anodine car mon inspiration pour eux n'a pas changé tout au long de ma vie. Je dois l'approche de Marillion lors de sa tournée avec __Saga__ à un ami journaliste passionné à ses heures, et qui interview pour __Daily Rock__, musiciens, chanteurs ou groupes dans le monde du métal. C'est en tant que photographe que je l'accompagnais ce jour de novembre 2011 à Prateln, dans le mythique __Z7__. Sur place, c'est un "Tour-manager" un peu stressé qui nous a reçu, s'excusant du retard pris par le groupe, lequel était toujours aux "soundcheck". Nous invitant à entrer, nous l'avons alors suivi, passant dans le tunnel derrière la scène pour déboucher sur le côté de la salle: Et là, devant moi, Marillion sur scène faisant sa balance son. J'ai de la peine à définir mon sentiment à ce moment-là; joie ? bien-être ? incrédulité ? Une chose est sûre, mon pouls est resté stable j'en suis presque certain. C'est dans mon esprit que les choses se sont passées. Ils m'ont finalement rendu la tâche assez simple du point de vue émotionnel. Marillion n'est pas un groupe de stars, ils n'en n'ont certainement pas l'attitude. Mais quand on a à son actif 30 ans de carrière, des albums majeurs dans le monde la "prog" et une conduite des affaires aussi intelligente (__marillion.com__), la prestance et la modestie deviennent soudainement des synonymes. J'ai donc eu l'impressionnant privilège d'assister à ce soundcheck de génies, me promenant au milieu des flightcase's badgés de l'ancien logo de Marillion (période Fish), détaillant de fait, l'impressionnant kit Tama de Ian Mosley ou encore l'étonnante combinaison d'amplis Roland et de rack d'effets qui depuis des années, fait le son de Steve Rothery. Quel incroyable moment….

C'est dans le car de tournée du groupe que __Mark Kelly__ (clavier), nous a reçu. L'entretien qui devait durer 10min en aura finalement fait 30, tant les questions préparées par mon ami et qui avaient fait l'objet d'une préparation très professionnelle, ont rendu notre interlocuteur loquace. Daily Rock peut se targuer d'avoir à son service un véritable pro. Mark Kelly s'est avéré un personnage des plus intéressant, intelligent, drôle et surtout passionné.

Je vous invite à lire l'interview complète de Mark Kelly sur le site de Daily Rock. Une version plus courte sortira sur papier dans une prochaine édition du journal. Mais en primeur (les fans le savent déjà) Mark Kelly nous annonce un nouvel album de Marillion pour 2012, avec au moins une pièce de 26 minutes. (yeah!)

J'ai découvert Marillion lorsque j'avais 16 ans. C'était la fin de la fameuse décade des 80's. C'est l'âge où je me suis rendu compte avec l'album __Fugazi__ (1984), qu'il existait des choses bien plus intéressantes que les inepties de la pop de l'époque diffusées sur les FM ou de __Music Box__ (pour ceux qui avaient le câble). J'ai dû écouter cet album et les suivants des centaines de fois. Pour la période __Fish__ ma préférence va vers __Clutching at straws__, dernier opus de ladite période. Viendra ensuite l'énorme __Seasons end__ en 1989 avec la voix du désormais nouveau chanteur __Steeve Hogarth__. Une nouvelle ère s'ouvrait alors à Marillion qui a démontré à quel point le groupe a la capacité à se réinventer. Sans tous les citer, __Brave__ (1994) reste comme le disque le plus progressif et est un véritable ovni dans la galaxie "Prog", mais malheureusement si peu connu. De 1994 à 2008, Marillion a été prolifique questions albums (la preuve là), s'est séparé de sa maison de disque et a fondé son label. Ce groupe tourne aujourd'hui grâce à lui seul et se paie même le luxe d'avoir 4 employés fixes. Les cinq membres de Marillion ont tous eu des projets externes. Le plus célèbre est probablement __Transatlantic__, sorte de mega-groupe de Prog, dont fait partie le bassiste de Marillion Pete Trewavas.

Marillion me ramène aussi à mon passé de musicien amateur. Batteur, j'ai fait partie de quelques formations régionales. Et comme ce qui se ressemble s'assemble, de nombreux amis musiciens écoutaient (sans entrer dans des détails d'intégristes) de la Prog. Les mauvaises langues disent que la plupart des groupes de "prog" ont avant tout un public de musiciens et c'est peut-être vrai. Ce qui est sûr c'est que j'ai de bons souvenirs de pèlerinage à des concerts improbables où nous allions prendre des leçons de musique à faire déprimer les plus motivés d'entre-nous et en y repensant, nous étions bien loin d'être les seuls….

Merci Marillion, merci.

Steeve Hogarth

Steeve Rothery & Steeve Hogarth

A gauche; Pete Trewavas

Ian Mosley derrière son kit Tama-Zildjian

Steeve Rothery

Les autres photos dans la galerie Marillion

mercredi 23 novembre 2011

Ca me turlupine...

C'est ce fameux adage qui me turlupine : "Le temps c'est de l'argent".

Bon, moi,du temps, ça va; pour le reste, j'attends... On m'a dit aussi que la patience est la mère des vertus. Faut pas exagérer non plus. Mais attendons.

Attendre, c'est perdre du temps, donc de l'argent. C'est décidé, je vais prendre du temps sur celui que j'ai gagné, du bon temps même que je vais partager avec vous, vous que je ne connais pas. Persuadé que vous aimez aussi partager votre temps avec l'espoir de ne pas vous faire perdre de l'argent. Ce qui me turlupine, c'est bien le temps, notre ennemi à tous, notre justice.

Les nuages et la vie passent Les nuages, poussés par le vent La vie, tirée par le temps

Nous vivons avec notre temps, il nous ceinture, il nous oppresse, inlassablement, il trotte, il sonne, il nous remet à l'ordre, il nous stresse, mais aussi, il nous arrange parfois, nous permet de respirer et nous apprend la vie .Notre bon vieux temps est découpé en minutes, en heures, en années. La dernière minute de l'année ,on la fête, on la compte à haute voix, comme pour l'oublier, on la jette comme un mouchoir en papier. On attend le nouveau jeu bien brassé avec beaucoup d'atouts. L'espoir d'un renouveau avec assez de temps pour en profiter.

Il m'a répondu "j'ai pas le temps", il s'agit certainement d'une personne mal organisée puisque nous avons tous le même découpage. Et là, nous guette un grand danger, celui de ne plus maîtriser notre espace et de dérégler cette belle machine à jamais.

Lutter contre le temps, on n'y parviendra pas, comme l'arrêter, si ce n'est avec votre appareil de photo ou une bonne anesthésie; mais là, le souvenir est perdu. Le temps, c'est de l'argent, oui, pour votre opérateur téléphonique qui attend la fin de la nouvelle année avec impatience. Dans le temps, il fallait se déplacer, mais aujourd'hui, par satellites interposés, on gagne du temps !

On doit pourtant pouvoir compter avec lui, car il nous est donné à chacun sa part.

Certains consacrent leur temps à calculer sa vitesse et il paraîtrait qu'un petite, mais infiniment petite modification est nécessaire quant à la vitesse de la lumière, mais c'est plus mon monde, sauf, éventuellement pour me donner une idée de l'infini.

Non, pour moi, même le clocher du village peut osciller, il n'influence en rien ma dernière cigarette. En cette fin d'année, je garde une image qui me plaît bien. Elle me vient du canton du Jura, où une école d'horlogerie doit être construite. C'est dans ces lieux que l'on maîtrise avec précision (suisse) le temps. L'on découvre alors que le site choisi cache des traces de dinosaures. Donc devant la porte, les souvenirs de plusieurs millions d'années et derrière cette même porte l'on dompte la nano seconde;e ncore un grand pas !

J'ai pris un peu de mon temps pour vous en parler avec le souci de ne pas vous avoir fait perdre le vôtre, et j'ai gardé l'espoir que votre nouveau calendrier sera plus beau dans ce nouvel espace temps et bien utile !

Comme qui dirait "voilà, j'ai fait mon temps..."

La pensée de l'édition, d'André Lozouet: "Le temps n'efface rien, Il chevauche les lendemains et poursuit son chemin."

dimanche 16 octobre 2011

La forêt enchantée

Il est des forêts enchantées, juste à côté de nos maisons. Parfois il faut un peu chercher son chemin pour les atteindre, mais lorsqu’on y arrive, c’est une véritable cure pour l’esprit que de se retrouver dans un tel environnement. On ne partage pas ces endroits avec ses pairs et pour cause; sûrement les souvenirs de chasseurs-cueilleurs survivent dans nos gènes et nous empêchent de divulguer nos espaces favoris. C’est armé de mon seul reflex que souvent je progresse sur les épaisses mousses humides d’une forêt peu connue -du moins je veux le croire-, et proche de chez moi, à l’affût d’images à emporter. Qu’importe si ma carte mémoire est pleine ou vide, tout ce qui est respiré, ressenti et vécu dans ces moments n’est que pur bonheur. Pour peu, on se laisserai porter par les légendes qu’elles soient celtes ou contemporaines, car les forêt enchantées, par leur douceur, nous donnent l’envie d’y croire....

C'est une balance des blancs perturbée par une forêt "enchantée" qui donne cette image, comme quoi l'électronique...

Certes pas comestibles....

Fin de course...

Dernière fleur de saison

Beauté éphémère (par définition de la beauté) de la rosée

lundi 10 octobre 2011

C'est si simple

Etre simple...Oui, mais le rester, vaincre la tentation d'une fausse excellence, de vilains gestes, de mauvais choix vestimentaires, uniquement pour paraître. Quelqu'un a écrit "c'est si simple" et il a ajouté"d'aimer"...

A l'époque, j'ai signé immédiatement sans lire les conditions, c'étaient mes folles années. Depuis, j'ai lu et je suis resté simple, même si le contrat n'a pas été entièrement respecté. Aujourd'hui, je baigne dans la simplicité, je me surprends avec mes mains pas très propres sur mes jeans et j'ai même vendu mes huit cuillers en argent, m'a grand-mère m'ayant quitté avant la douzaine! Non,tu vois,d ans cette belle simplicité, ce qui me désole parfois, c'est mon voisin, un bon type, mais que je soupçonne de médisance, soupçons que je cultive pour le bon voisinage. Il chuchote, à qui veut bien l'entendre, que je me complique beaucoup trop la vie. Tu te rends compte! Mais comment lui expliquer la simplicité, lui qui porte au quotidien son fardeau de principes -il est même à cheval dessus-.

Il me parle alors d'habitudes et qu'il ne faut pas tout mélanger. C'est vrai, nous avons tous nos petites habitudes et quelques principes parasites. On ne va pas chercher un appartement à Martigny, avec un t'shirt du FC Bâle, en principe! Le matin, au moment d'ajuster mes chaussures, c'est toujours par la droite que je commence, la même chose avec mon pantalon...Alors, principe ou habitude ?

Il faut respecter son cerveau, c'est tout. Même en rentrant avec les chaussures à la main, ton cerveau, certainement surchargé sait ce qu'il fait. En début de journée, en sortant de ma maison, je me dirige à droite, jamais à gauche, question d'éducation peut-être, et toujours accompagné de mon ombre fidèle. Mon personnage noir est ainsi devant moi; il me guide, on dirait; surtout, il respecte ma philosophie, celle de vivre son présent en regardant l'avenir. Il m'encourage pour un jour de plus et dans la fidélité, on ne fait pas mieux. C'est aussi la raison de mon départ à droite. La nuit, il ne m'abandonne pas, c'est alors mon ombre lunaire, plus discrète, plus pâle, inquiétante même. Mon personnage lunatique va croiser l'ombre du lampadaire qui tourne en comptant les heures et qui rassure un autre voisin invisible derrière son petit rideau.

C'est donc en toute simplicité que ce matin-là, mon chemin s'allonge et que je rencontre cet homme musclé qui agite une machine pétaradante et fumante. Lui, il coupe les ombres; il doit alors déplacer son sac à chaque ombre perdue, pour garder son contenu au frais!

Comme un dernier cri avant de toucher le sol et prouver s'il en est besoin son importance.

Inévitablement, j'arrive où mon ombre va se cacher, sous mes pieds; je veux fuir le zénith et me protéger pour attendre que ma terre tourne un peu et rentrer avec mon compagnon toujours devant...

Je cherche un arbre bien joufflu et évite la dangerosité des rayons.

Je voudrais rêver quelques instants, mais un rêve simple, d'une belle histoire, mon histoire. Je jouerai le premier rôle, avec mon texte, mes lumières, mon décor, un rêve seulement pour moi. J'y mettrai une histoire d'amour, si je veux! La mienne certainement, parce que platonique, où tout est possible... Nos ombres collées sur la route des fonds, deux mains unies sur la terre battue pour rejoindre la cascade et se perdre dans la poussière d'eau coloriée par notre soleil. Enfin, le rêve quoi! simple comme l'auteur, comme le spectateur.

Toujours devant, mon compagnon noir me montre le chemin du retour et je rentre dans ma maison par le nord. Une journée toute simple, mais comment expliquer à mon voisin qui a déjà les épaules cassées par le poids de ses principes.

Je renonce et continue à rêver,c'est plus simple.

dimanche 9 octobre 2011

Lettre ouverte à Francine John-Calame, Conseillère nationale NE les Verts (les vrais)

En pleine campagne électorale, vous figurez en bonne position sur les listes des Verts respectivement pour le Conseil des Etats et pour le POPVertsSolidaritéS au Conseil national, c'est bien. De fait, vous êtes candidate à votre réelection. Pour être réélue, vous devez donc faire campagne comme vos camarades, quelles que soient leurs couleurs - ce qui est le cas de le dire-. Cette campagne est agrémentée de débats politiques télévisés. A Neuchâtel, c'est un face à face sur Canal Alpha, chaîne régionale jurassienne fort heureusement diffusée localement, qui a motivé ces quelques mots à votre intention, aidé il est vrai, par une météo peu engageante à une activtié extérieure.

Je dois bien reconnaître que je n'ai pas regardé ledit débat jusqu'au bout, tant le concept de cartes et des "joker" est ridicule, sans parler du modérateur principal qui est au journalisme ce que la Trabant est à la voiture non-polluante[1]. L'émission est mauvaise, part dans tout les sens, donne trente secondes à des politiciens souvent amateurs et s'exprimant mal, pour faire passer des idées finalement assez complexes. Bref, il faut être passionné de politique locale ou membre de la famille de l'un des invités pour la regarder jusqu'au bout. Soudainement, dans cet échange pour le moins stérile et auquel je prêtais une oreille distraite, voilà que vous déclarez que "l'adhésion à l'Union Européene, reste une priorité". Je sors alors de ma torpeur, pose mon journal, augmente le son, pensant avoir rêvé ou simplement mal compris. Mais en regardant bien l'image de mon superbe écran LCD, je constate que je ne suis pas entrain de suivre une archive de la TSR de décembre 1992. Non; malgré votre allure "70's" c'est bien vous en 2011, le visage stressé, fixant avec méchanceté le médecin UDC qui vous fait face, et qui pourtant ne représente pas un grand danger, puisqu'il ne fait que peu de doute, qu'il sera renvoyé dans sa clinique privée par la sanction populaire des urnes. Non je n'ai pas rêvé, vous l'avez bien dit, l'adhésion à l'UE fait partie de vos objectifs. Francine, vous permettez que je vous appelle Francine, vous êtes juste en retard de deux guerres, de deux cracks boursiers, de quatre présidentielles françaises, de deux tours jumelles, d'un "printemps arabe" de deux tsumanis, d'une crise de l'Euro et de quatre albums de Britney Spears. L' Adhésion à l'Union Européene....... Je n'en croyais pas mes oreilles, même pour les partis de gauche, dont on peut facilement imaginer que vous les trouviez probablement trop à droite, il n'est plus question d'y penser. Le contexte international a telllement changé que c'est à se demander à quelle époque vous vivez. Si aujourd'hui (en 2011) les Européens avaient le choix, et ce qui n'est pas le cas, la plupart sortiraient de la communauté européene. Pour exemple, le Royaume-Uni et les pays du nord n'ont pas adhéré à l'Euro et savent bien pourquoi, il ne sont d'ailleurs pas près de le faire. Même les pays les plus pauvres comme la Grèce se demandent sérieusement s'ils ont fait le bon choix et les exemples sont légions dans le sud de l'Europe. Le Parlement européen est une immense machine à vapeur, qui ne fait qu'émettre des réglements que les Etats membres peinent à appliquer, l'exemple de la réglementation de l'endettement des Etats membres est criant, même la France n'y arrive pas. Francine, vous savez très bien qu'à l'heure actuelle, un adhésion de La Suisse à l'UE serait une catasrophe économique pour notre pays, un appauvrissement de la classe moyenne, un démentèlement de notre agriculture et de notre industrie. Vous savez très bien -du moins je l'espère car vos propos permettent d'en douter- que le modèle européen tel qu'il est aujourd'hui ne va pas perdurer et devra muter en profondeur dans sa forme, sous peine de démentèlement pure et simple à moyen terme. En fait, c'est à se demander si vous savez de quoi vous parlez.

Le peuple neuchâtelois, a son lot de politiciens célèbres, mais malheureusment, il en cultive ces dernières années de bien mauvais et de bien maladroits, tout partis confondus. Depuis ce mauvais débat, vous faites désormais partie à mes yeux de ces derniers. Comment vous faire comprendre que vous représentez les intérêts d'un canton et que pour vos électeurs -s'il en reste- l'adhésion à L'UE est bien le cadet de leurs souçis. Nous aspirons entre autres à ce que l'économie de notre région soit forte et perdure, que notre canton se désendette et présente des finances saines pouvant ainsi remplir son rôle d'Etat, nous voulons des moyens de communications et de transports efficaces, des hautes écoles qui s'affirment au niveau national, une qualité de vie supérieure à la moyenne dans un environnement sain, et j'ai presque envie de terminer en ajoutant "Bordel" tant vos propos sont "hors cadre" dans le contexte actuel.

Chère Francine, même si le débat de Canal Alpha, certes insignifiant au niveau national, a bien peu de chance de porter à conséquences, je vous souhaite une sanction électorale, laquelle aura le mérite de renvoyer à votre parti la responsabilité de présenter des candidats qui oeuvre pour une politique responsable orienté vers l'avenir et non pour des idées dépassées. Le monde va vite, il est temps de vous en rendre compte.

Dans l'attente de votre prompt retour aux Planchettes/NE, recevez Francine, l'assurance de ma considération pour le moins quelque peu imparfaite.

Notes

[1] Oui le terme "émission zéro" est plus adapté

lundi 3 octobre 2011

Nouveau rédacteur

Petite révolution sur theNostromo.ch. Un deuxième rédacteur partagera désormais l'espace virtuel de ce blog et publiera des billets de son village nommé Finhaut, accroché au le flanc d'une montagne valaisanne. Mais qui est-il ce nouveau rédacteur ? Un proche bien sûr, qui lui ne se cache pas derrière l'anonymat de la grande toile et assume pleinenement son patronyme aux yeux du monde. Expérience de partage d'un espace d'expression si petit mais aux diffusions si grandes qu'on préfère ne pas y penser. Qu'importe, la plume aiguisée, son style me plaît, il a donc toute sa place, alors partageons, car il est temps.

Le non retour

Comme chaque année, aux prémices des grands froids d`hiver, je reviens à l’orée du village prendre mes quartiers. Là où je suis né. J'y retrouve ma maisonnette bien propre et parfois repeinte par deux couches. Le vent froid du nord est bien coupé, la pluie se casse sur son petit toit et la neige venue l’isole naturellement. Aux premiers gels, je me retrouve donc les pattes au sec avec les becquetées abondantes. Même si pour une bonne sélection, nous devrions nous débrouiller avec dame nature, il est tout de même agréable de pouvoir casser la graine à volonté en tout temps. Je partage ce petit espace avec la merlette grisonnante aux yeux déjà tristes et quelques vilains moineaux qui squattent toutes les maisonnettes du village dans une ronde bien organisée. Mauvaise surprise cette année pour mon retour, c’est un abri vide que j’ai trouvé, pas l’ombre d’une petite graine, rien de rien. Que se passe-t-il ? Suis-je en avance ? Pourtant, les cheminées fument, les fenêtres sont embuées et le givre tient bien la branche. De plus, le gros chat noir un peu raciste, le beau tigré très malin et la chatte angora bonne-mère ne sont plus à leur poste à surveiller nos allées et venues de leur œil mi-clos et hypocrite. Signes qui ne tromperaient pas la souris dernière de classe. C’est mon amie la merlette grisonnante aux yeux déjà tristes qui m’informe de la gravité, elle qui ne court plus la forêt pour l’amour, sait tout de l’actualité communale, et de m’apprendre que notre gentille grand-maman propriétaire de l’endroit est partie un jour de cet été.

Ses enfants ont porté de lourds bagages vers une grande voiture et s’en sont allés avec notre nourricière. Le plus grave, me dit la merlette grisonnante aux yeux encore plus tristes, il paraît qu’elle ne reviendra plus chez nous.

Les petits volets restent désormais clos. La neige s’accumule devant la porte fissurée et la pâle lueur de l’ampoule d’angle a disparu, L’endroit est abandonné comme notre maisonnette.

Mon amie, la merlette grisonnante aux yeux définitivement tristes me dit enfin qu’elle ne partira pas et que je pourrais lui rendre visite quand bon me semble. Jai repris mon envol en me promettant une pensée particulière pour Noël à toutes les grands-mamans et touts les grands-papas qui ne pourront malheureusement pas décorer le sapin au fond du salon car, dans les établissements médico-sociaux, tout est bien organisé.

Bien à vous. 02.10.2011

mardi 13 septembre 2011

Retour en pays riches

Devant, la Hongrie, la frontière n'est pas très difficile à passer, un douanier feuillette distraitement mon passeport usé, puis m'invite avec le sourire à passer dans son pays. Derrière moi Bors/Roumanie. Ville frontière aux usines abandonnées, aux routes bordées de camions alignés, aux prostituées roms aux regards inquiets, parfois absents, et qui déambulent hagardes sous la lumière du jour jaunie par la poussière. Bors donne envie de passer, c'est d'ailleur sa raison d'être, passer.

Depuis l'Ukraine, chaque passage de frontière donne l'impression de revenir dans un monde meilleur. La Roumanie d'abord. En venant d'Ukraine, on se croirait de retour du pire des mondes. Plus de policiers voleurs, plus de routes défoncées, plus de décharges en feu où d'égouts à ciel ouvert. Bien sûr la campagne roumaine a encore bien du chemin à faire, les régions isolées souffrent du manque d'infrastructures, mais ça avance, contrairement à leurs pauvres, très pauvres voisins de l'est. En Roumanie, on est donc bien loin des premières années post-dictatures, ce n'est plus d'humanitaires que la Roumanie a besoin, mais d'une solide base économique et sociale, de cerveaux et de développement, n'en déplaise aux humanistes improvisés ou amateurs, si fiers de leurs actions "solidaires".

La Hongrie, vite traversée, m'aura laissé une très bonne impression. Villages et villes ressemblent tout simplement au standard de notre vieille Europe. Plus vraiment de traces des années rouges, mêmes si quelques stigmates persistent ça et là.

De fait, le plus surprennant aura été la facilité des passages frontaliers. C'est à la frontière suisse et grâce à un garde-frontière que j'aurai entendu la fameuse question : "Avez-vous quelque chose à déclarer ? "

Si le monde est vaste, l'Europe de l'Est est immense. Elle mérite largement plusieurs voyages. Riche de son histoire, elle doit se remettre de cette période calamiteuse de l'après guerre, où les pires erreurs ont été commises. Vastes industries inutiles, villes "modernes" aux quartiers immondes, pollution. Mais si la raison l'emporte, elle pourrait bien devenir une des plus belles régions du monde. Malheureusement il faudra beaucoup de temps, peut-être même quelques générations, car à voir l'Ukraine s'enfoncer, ce n'est de loin, mais alors vraiment de loin, pas gagné.

Pour moi le voyage s'achève sous le soleil autrichien.....

Quelques z'images....

Rom, vendeur de cuivre

Famille roms, au bord de la route

Héritage communiste, mais qui fonctionne encore, faute de mieux

Construction typique rom, maison de pacotille dans un océan de pauvreté, décidément les roms déçoivent jusque chez eux..

Travail aux champs pour les plus pauvres, comme il y a 50 ans

Site industriel à l'abandon près de Bors/Roumanie

Lac Vidraru/Roumanie

lundi 12 septembre 2011

Finhaut...Valentin Claivoz en or !

Une prim'enfance baignée par la musique de son papa qui animait alors bals et autres manifestations de la région. Du haut de ses six ans, l'enfant reçoit son premier accordéon. Surprise, Valentin fait de cet instrument son pain quotidien; sans insistance aucune, l'enfant ne quitte plus les touches magiques pour lui.

Il devient évident que les cours s'imposent. C'est chose faite, grâce à Mr. Jean-Edouard Dubuis, à Sion et à Martigny. Celui-ci voit alors la naissance d'un talent hors du commun. Ses premiers résultats deviennent un "Coup de Coeur" pour Alain Morisod (2oo8). C'est donc le mythique déplacement musical à Genève. Dans la cité de Calvin, Valentin découvre alors le monde professionnel et les caméras de la TSR. Souvenir bien gravé, facile à imaginer! Cette expérience et les encouragements des pros fortifient sa détermination. Dès lors, tout va très vite. La motivation est dans le sang, la passion devient virus.

C'est sa rencontre avec Yves Moulin (Orsières), jeune musicien très connu dans le milieu qui va le propulser sur "les planches". Ainsi,en 2010, notre surdoué, jeune homme , se présente sans complexe à un trophée junior à Montrond-les-Bains (Loire,France) où il décroche une 2ème place prometteuse. Puis, c'est l'Espagne et Vigo, pour un concours mondial et c'est le 7ème rang. Notre jeune Fignolin participe ensuite à une compétition internationale (juniors-variétés) en Italie avec la 3èmeplace. Il est alors sélectionné pour un prestigieux trophée en Allemagne (Klingenthal) où toutes les catégories et âges sont représentés, pour rentrer à Finhaut avec le 9ème rang. Précisons qu'une semaine avant ce déplacement allemand important, Valentin est passé par Orbe et le canton de Vaud pour s'adjuger une médaille d'or pour la Suisse romande avec la note -excusez du peu- de 49 points sur 50 avec félicitations du Jury.

Attention, ces magnifiques résultats sont aussi, à part le talent incontestable, beaucoup de travail pour notre jeune Valaisan (16 ans). Vous ne rencontrerez pas Valentin au stade de Tourbillon...Non, pour lui, c'est un minimum de 3 heures de musique par jour. Actuellement, c'est l'école de commerce le matin et l'après-midi pour sa passion. C'est aussi des gros efforts de ses parents (financiers). Il faut savoir que pour ce niveau, Valentin tient dans ses bras un accordéon à CHF 17 ooo.- et pour notre plaisir.

Mais pour lui, la découverte du monde, les rencontres et les expériences qui l'attendent n'ont pas de prix sur ce chemin du professionnalisme. Une étoile est née sur le sol fignolin, dans un silence inquiétant...Alors, ne restons pas piétons, soyons quelquefois passants et levons les yeux...Pour ma part,j e suis bien emprunté pour adresser à Valentin nos voeux pour l'avenir, le succès bien sûr, mais surtout le plaisir...

Prochain trophée mondial: Chine

vendredi 9 septembre 2011

L'héritage d'un fou

Alors qu'il régnait sans partage, Nicolae Ceausescu ne s'est pas contenté de ruiner son pays, massacrer et affamer sa population ainsi que de polluer une bonne partie de son environnement, il a aussi entrepris de titanesques travaux, probablement pour épater ses copains lors de sorties de l'Amicale des Tyrans en Activités.

Un bon exemple des délires de l'intéressé est le Palais du Parlement à Bucarest, d'abord appelé "maison du peuple", il deviendra par la suite Palais du Parlement. Peuple qui, ironie de l'histoire, va liquider le délirant cravaté et Madame en fourrure, un jour de décembre 1989 - mais était-ce vraiment le peuple ?- Bref, les envies de gigantisme du dictateur l'ont conduit à commander une route qui traverserait tout simplement le Mont Faragas, histoire d'avoir un accès aux Carpates directement depuis la plaine en direction de Bucarest via Brasov. Pour construire la Transfagarasan, Il a fallu, en plus de nombreux travailleurs "volontaires", 6000 tonnes d'explosifs pour ce tronçon, dont le plus haut point culmine à 2030 mètres et pour une longueur de 120 km.

Les compatriotes qui me lisent vont bien rire, car question cols, tunnels et routes de montagnes, on régate en tête de peloton depuis bien avant l'invention de Rudolph Diesel ! N'empêche que les Roumains l'ont construit en 4 ans.... Mais c'était sûrement ça ou tchi-tchi !

Si vous êtes motorisé, en Roumanie et dans le coin, faites donc cette route chargée d'histoire et au parcours spectaculaire. Pour les amateurs, même __Top Gear est passé par là__, mais pas à la même vitesse....

La trace ici.

(Eh oui, il ne peut pas toujours faire beau en vacances)

Sur l'autre versant, par contre, beau temps, c'était dans le contrat.

Les bergers qui redescendent à l'automne, un des plus beaux troupeaux que j'ai pu voir durant ces vacances.

Arrivée en plaine, je me suis perdu sur une route qui devait être à l'origine un raccourci, et qui s'est transformé en 1 heure de 4x4 mémorable, à tel point qu'un fois de retour sur le goudron, je suis descendu me prosterner devant mon Defender, lequel m'a sauvé la mise une fois de plus.

A Curtea de Argeþ me voilà déjà au terme de mes découvertes roumaines. La route du retour se dessine désormais sur l'écran de mon GPS.