The Nostromo

dimanche 29 avril 2012

Duran Duran

On a tous un point faible. Moi c’est Duran Duran. Oui, je l’avoue c'est plus fort que moi, je tape du pied chaque fois que j’entends lignes de basse aguicheuses de John Taylor ou les vocalises de Simon Le Bon. C'est mon côté pop que j'essaie d'enterrer depuis si longtemps. Je dirai même que Duran Duran a du pouvoir sur mon inconscient; en trois notes il me transporte instantanément à travers le temps, dans une chambre d’adolescente que je fréquentais jadis. Me voilà revenu à une époque insouciante et légère, percevant la mélodie de « the Reflex » sortant d’un JVC grésillant et sans basse. Posters aux murs, mon amoureuse d’alors avait les yeux brillants d’admiration en regardant John Taylor et sa coupe de cheveux improbable, en susurrant à mes oreilles Hungry like the wolf. Mais qu’est-ce qui provoquait une telle passion hystérique chez les sujets femelles adolescentes de la race humaine à chaque fois qu’apparaissaient, sous quelques formes que ce soit, les "Fabulous five" ? Je n’ai jamais vraiment trouvé (ni cherché) de réponses à tout ça, mais j'ai souvenir qu'il fallait être inventif pour épater les filles, obnubilées qu'elle étaient par la parfaite esthétique des Duran Duran. De fait, le seul constat que l’on pouvait en tirer, c’est que contrairement à ce que disaient les curés de campagne, nous ne sommes de loin pas tous égaux.

Vers la fin des 80’s, je dois confesser que le sort de Duran Duran m’importait peu. Voyant au loin la sortie mon adolescence, je m’étais déniaisé de la pop servie par nos nouvelles « radios libres » d’alors et j’étais bien plus passionné par d’autres courants que celui de groupes dont la principale activité est de remplir des stades de gonzesses plus ou moins prêtes à tout -ceci dit, soyons bon joueur, relevons la performance-.

Pour les méticuleux, l’histoire de ce groupe est évidement remplie de moult rebondissements, séparations - reformations - re-séparations et autres projets solos plus ou moins heureux. Bref les ingrédients d’un vrai groupe comme il se doit. Je ne vais donc pas développer l'histoire de Duran Duran, d'autres l'ont très bien fait ici.

Question albums, en 1990, j’avais mis trente balles -une fortune à l’époque- dans le best of Decade, que j’écoutais en cachette pour m’éviter les railleries de mes potes d’alors, plutôt nourris à la culture rock prog. Puis, j’avais même acquis Big Thing (avec du retard). En 1994, je découvrais un live acoustique absolument génial sur MTV (unplugged), malheureusement jamais sorti officiellement en DVD ou autres, mais qui me révèlera un peu tardivement que Duran Duran c’est aussi d’authentiques musiciens talentueux. D'ailleurs, en suivant ce lien, vous assisterez à une belle performance "accoustique sur Come Undone avec la regrettée choriste et chanteuse Lamia.

C’est tout personnel, mais Duran Duran est à l’origine de quelques perles comme l’incroyable et méconnue « My Antartica » ou encore « Do you bealive in shame ».

Ce que j’aime chez eux, c’est qu’alors qu’ils étaient des mégas stars planétaire, ils ont pris une direction musicale bien plus expérimentale qui leur a fait perdre à peu près 80 % de leurs fans dans les années 90’s. John Taylor aura été le plus prolifique en matière de projet solo. Je pense à Neurotic Outsiders, groupe formé avec Steve Jones un ex-Sex-Pistols et Duff Mc Kagan ex Guns n’Roses. Un seul album, mais une sacrée démonstration de rock pour un bassiste à groupies.

Cela dit, Duran Duran est revenu en force en 2011 avec un nouvel album et surtout une vidéo qui arrache sévère sur la dure vie des mannequins et leur dépendances au luxe. Après les stades de groupies des 80’s, place aux mannequins délurés dans des palaces de luxe et champagne pour tout le monde. Ah il a l’air malin notre curé de campagne. Non vraiment, on est de très loin pas tous égaux. Le titre Girl panic et sa vidéo finalement assez drôle, en disent long sur le sujet.

En novembre 2011 à Klosters/GR, je suis allé voir Duran Duran pour la première fois de ma vie. Le groupe se produisait dans un festival pour riches, sur fond de concours de polo sur glace (si c’est vrai, même moi je n’aurai pas pu l’inventer!). En sortant de ce concert, je me suis fait cette réflexion; Si à 50 balais j’arrive à faire les choses que j’aime avec un sourire identique à celui que John Taylor arborait ce soir-là en jouant de la basse, j’aurai probablement réussi à donner un vrai sens à mon existence.

dimanche 22 avril 2012

La vierge du Baron

Seul devant, assis sur mon village, plus exactement sur une terrasse qui refuse l’ombre et plus confortablement sur une bonne chaise, celle qui ne laisse pas de trace, interne ou externe, facile à quitter, une chaise bien étudiée que l’on ne trouve pas hélas dans les salles d’attentes où le temps paraît plus long, ceci expliquant cela. Seul devant donc, n’y voyez pas là ma position lors d’une épreuve sportive, il faudrait alors que l’imagination, même débordante, dépasse la réalité, ce qui est impossible chez moi. A propos d’imagination, il en faut un peu-beaucoup, mais je subodore que vous n’en manquez pas pour lire ces lignes. Seul devant, assis dès lors dans mon théâtre imaginaire, je vous sens derrière spectateurs d’un jour bien installés dans cette salle que je nomme Finhaut.

En face un petit hameau accroché comme un miracle à la pente rocheuse, abandonné, oublié au bout d’un chemin surprenant, déserté avec ses interrogations, c’est Litroz ma scène à l’envers des convers. Le décor est planté. Une caricature fait l’essentiel de l’affiche pour un spectacle que je sens déjà retentissant par l’écho de la roche. Le rideau s’ouvre. Apparaît, seul sur cette scène le Baron de l’endroit, un petit homme à la barbe blanche bien embroussaillée, les cheveux en vrac dépassant d’un chapeau qui visiblement n’en finit pas de vieillir, une blouse sans couleur de magasinier fortement allergique au fer à repasser et de bottes en caoutchouc disproportionnées à notre petit homme. Un regard malin de brocanteur se devine dans ce décor. L’acteur du moment lance alors à la cantonade d’une voix forte qui surprend et paralyse l’assistance : « Ne négligez pas l’absurde, il peut vous enrichir »

Ici se termine mon théâtre imaginaire pour la vraie et belle histoire de la vierge du baron.

Pas de sang bleu pour notre homme, un titre qui lui vient comme une étiquette de la rumeur publique lors de l’achat de (son village). Ce jour là, de passage à Genève, ville qu’il fréquente régulièrement pour affaire, véritable mine pour brocanteur, dit-il. Un détour s’impose chaque fois chez Emmaüs, son supermarché en quelques sortes où l’action du jour se transforme en surprise. Mais il faut avoir l’œil, ceci étant l’arme de notre commerçant. Il déambule assez rapidement car ses objectifs sont professionnels donc bien ciblés. Il reste indifférent à l’odeur qui baigne en ces locaux, un mélange des métiers qui va du vieux livre à la cire bon marché pour embellir l’ancien meuble. Il est vrai que chaque profession à son odeur, pensez à votre dentiste, votre boulanger, votre marchand d’huile de chauffage, votre fleuriste, votre fromager et votre cordonnier, une exception pourtant poussez la porte de votre banque, (si pas automatique), aucune senteur, ce qui nous prouve que l’argent n’a pas d’odeur, or mis celle du désodorisant appliqué à hautes doses par la belle dame qui vous précède et qui se mélange dangereusement avec celui de l’employé. A ce propos, ayons une pensée particulière aux chauffeurs de bus dans le petit matin.

C’est dans cette atmosphère que notre baron est stoppé net dans cet inventaire à la Prévert, son regard est comme paralysé par celui d’une grande statue empoussiérée. Bizarrement, même en se déplaçant, ces yeux ne le quittent pas, on dirait la Joconde, pensa-t-il ! La Sainte-Vierge, les bras tendus, accueillants, c’est comme un rêve, une illumination, sensations brèves mais fortes qui l’éloignent quelques instants de la réalité. Mais que fait Marie dans cet amas de vieillerie et de plus chez les protestants ? C’est perturbé, voir fâché que notre commerçant interpelle l’employé du moment visiblement d’une autre culture et s’entendre répondre en mauvais français, que pour cent francs il pouvait « l’en débarrasser ». Le souffle court, notre baron lui tendit immédiatement un billet bleu presque avec plaisir, ce qui est rare chez un brocanteur. L’urgence était d’alors de quitter ces lieux et d’éloigner Marie de la cité de Calvin.

C’est incroyable, ce que ce petit homme peut changer l’atmosphère par un sentiment de nervosité, c’est qu’il veut disparaître au plus vite avec son acquisition, le bougre. Il s’agite beaucoup à résoudre le premier problème qui se présente, à savoir, rejoindre l’automobile avec délicatesse. Le climat se détériore rapidement dans son espace et perturbe peu à peu les bras ballants qui ornent les allées de ce grand bazar. Il réussit à emprunter un engin à deux roues pour un déplacement plus aisé. L’image est belle, la Sainte Vierge quittant la Genève protestante sur un diable. La route n’est alors qu’un long monologue, son ange-gardien le félicite pour son achat alors que son petit diable lui promet une bonne affaire de plus. Mais non, notre baron reste convaincu que l’on ne peut vendre un objet saint. Par une nuit de bons conseils, il décide que Marie protégera, si elle le veut, son village, c’est ainsi qu’aujourd’hui, posée sur son socle, elle domine, les bras accueillants ce pittoresque endroit. Précision, son regard fixe la porte d’entrée de la maison préférée de notre propriétaire. Au petit matin en ouvrant, il trouve ses premières vitamines, disait-il. Malheureusement aujourd’hui la demeure reste close. Pour ma part, permettez que je m’en retourne à mon spectacle imaginaire, c’est hélas la fin et notre acteur seul devant, sur cette belle scène, derrière une longue vue lance à la cantonade, « attention, on ne peut effacer les traces de l’insouciance ». Mon rideau tout aussi imaginaire tombe derrière les Perrons avec le soleil.

Contact : andre.lozouet@gmail.com

lundi 12 mars 2012

L'ennui visuel

Notre télévision nationale change de logotype. Sachant le sujet sensible, on nous avait un peu prévenu à l'avance dans une campagne d'information, vantant l'indispensable changement à venir. D'habitude, ce genre d'évènement est dû à des "bouleversements internes" opérés par l'entité désirant muer son apparence pour….mieux. Les raisons sont multiples, mais partent généralement du même déclencheur; Le changement de tête(s). Il est bien probable que notre ex-TSR ait encore une fois vécu ce type de "révolution". La direction nomme une nouvelle équipe de vainqueurs, qui va tout changer pour bien mieux qu'avant. Aux oubliettes les concepts éculés du début de 21ème siècle, une dizaine d'années sont déjà passées et la télévision n'est pas un magasin d'antiquaire. Mais voilà, c'est un exercice difficile de faire comprendre aux réfractaires, la nécessité de changer complètement un visuel. Si le monde du graphisme est d'une fécondité ahurissante, il a néanmoins un gros problème; Son client. Je peine à croire que le nouveau logo de la désormais RTS n'ait pas fait l'objet de moult "ajustements" du client. C'est pourquoi qu'en plus de ressembler un peu trop à celui d'un célèbre fabricant de logiciel, il est raté. Le nom à changé lui aussi, aujourd'hui nous devons dire: RTSun et RTSdeux à la place de TSR1 et TSR2 ! C'est vraiment très fort les gars, bravo. Mais rassurez-vous, ce n'est pas très grave, la Radio Télévision Suisse n'est finalement qu'un tout petit média face aux géants de ce monde. N'empêche que la Fox, la BBC et surtout CNN n'ont jamais modifié leurs logos. Allez savoir pourquoi…..

Il n'y a pas si longtemps, la ville de La Chaux-de-Fonds a une la mauvaise idée de dépenser plein d'argent (CHF 300'000.00) pour changer son "identité visuel". Hélas, le petit nouveau est tellement moche et ne ressemble tellement à rien que les autorités, sur pression populaire, devront revoir leur copie, avec en sus la mauvaise humeur des édiles. Bon, il est vrai que le logo de La Chaux-de-Fonds illustre plus le côté "je me fous de ta gueule à un prix de fou" que l'illustration figurative d'une ville qui se veut ….moderne.

Dans l'entreprise, qu'elle soit privée ou étatique, les changements de visuels sont légions. Il en est même dont c'est la spécialité. On change de logo tous les cinq ans, histoire de ne pas trop s'ennuyer et accessoirement de dépenser des budgets. Ainsi on permet à une élite de mettre leur touche personnelle à des institutions qui n'ont fondamentalement pas besoin de logo pour fonctionner. L'Etat aime changer le nom de ses services. C'est souvent à l'occasion de l'arrivée de nouveaux chefs que ces mutations se passent. Et hop un nouveau visuel, un nouveau nom pour un service dont la tâche et la raison d'être ne changent pas. Bien sûr tout ça à un prix, mais cela doit être drôlement nécessaire pour que personne ne remette en question ces caprices d'élus.

On se perd dans un monde où les priorités semblent tellement à côté de leurs cibles. D'un côté nous avons compris que nous devons agir d'une manière durable et réfléchie, et d'un autre, des villes endettées consacrent des budgets pour des logos dont tout le monde se fout, à l'exception des ces insupportables élites qui se gaussent de l'image qu'elles veulent laisser à la postérité.

Ajoutons pour terminer, que les grandes entreprises de ce monde, je veux dire celles qui réussissent vraiment ne change que très rarement de visuel. Bizarre non ?

Le Nostromo, lui ne changera pas. Na.

jeudi 8 décembre 2011

Marillion au Z7

La meilleure chose qui puisse arriver à un fan, c'est de rencontrer son ou ses idoles; ça m'est arrivé. Heureusement, après tant d'années à écouter __Marillion__, la ferveur ou l'admiration sans borne a fait place à une exaltation plus mesurée, moins frénétique en tout cas, mais certainement pas anodine car mon inspiration pour eux n'a pas changé tout au long de ma vie. Je dois l'approche de Marillion lors de sa tournée avec __Saga__ à un ami journaliste passionné à ses heures, et qui interview pour __Daily Rock__, musiciens, chanteurs ou groupes dans le monde du métal. C'est en tant que photographe que je l'accompagnais ce jour de novembre 2011 à Prateln, dans le mythique __Z7__. Sur place, c'est un "Tour-manager" un peu stressé qui nous a reçu, s'excusant du retard pris par le groupe, lequel était toujours aux "soundcheck". Nous invitant à entrer, nous l'avons alors suivi, passant dans le tunnel derrière la scène pour déboucher sur le côté de la salle: Et là, devant moi, Marillion sur scène faisant sa balance son. J'ai de la peine à définir mon sentiment à ce moment-là; joie ? bien-être ? incrédulité ? Une chose est sûre, mon pouls est resté stable j'en suis presque certain. C'est dans mon esprit que les choses se sont passées. Ils m'ont finalement rendu la tâche assez simple du point de vue émotionnel. Marillion n'est pas un groupe de stars, ils n'en n'ont certainement pas l'attitude. Mais quand on a à son actif 30 ans de carrière, des albums majeurs dans le monde la "prog" et une conduite des affaires aussi intelligente (__marillion.com__), la prestance et la modestie deviennent soudainement des synonymes. J'ai donc eu l'impressionnant privilège d'assister à ce soundcheck de génies, me promenant au milieu des flightcase's badgés de l'ancien logo de Marillion (période Fish), détaillant de fait, l'impressionnant kit Tama de Ian Mosley ou encore l'étonnante combinaison d'amplis Roland et de rack d'effets qui depuis des années, fait le son de Steve Rothery. Quel incroyable moment….

C'est dans le car de tournée du groupe que __Mark Kelly__ (clavier), nous a reçu. L'entretien qui devait durer 10min en aura finalement fait 30, tant les questions préparées par mon ami et qui avaient fait l'objet d'une préparation très professionnelle, ont rendu notre interlocuteur loquace. Daily Rock peut se targuer d'avoir à son service un véritable pro. Mark Kelly s'est avéré un personnage des plus intéressant, intelligent, drôle et surtout passionné.

Je vous invite à lire l'interview complète de Mark Kelly sur le site de Daily Rock. Une version plus courte sortira sur papier dans une prochaine édition du journal. Mais en primeur (les fans le savent déjà) Mark Kelly nous annonce un nouvel album de Marillion pour 2012, avec au moins une pièce de 26 minutes. (yeah!)

J'ai découvert Marillion lorsque j'avais 16 ans. C'était la fin de la fameuse décade des 80's. C'est l'âge où je me suis rendu compte avec l'album __Fugazi__ (1984), qu'il existait des choses bien plus intéressantes que les inepties de la pop de l'époque diffusées sur les FM ou de __Music Box__ (pour ceux qui avaient le câble). J'ai dû écouter cet album et les suivants des centaines de fois. Pour la période __Fish__ ma préférence va vers __Clutching at straws__, dernier opus de ladite période. Viendra ensuite l'énorme __Seasons end__ en 1989 avec la voix du désormais nouveau chanteur __Steeve Hogarth__. Une nouvelle ère s'ouvrait alors à Marillion qui a démontré à quel point le groupe a la capacité à se réinventer. Sans tous les citer, __Brave__ (1994) reste comme le disque le plus progressif et est un véritable ovni dans la galaxie "Prog", mais malheureusement si peu connu. De 1994 à 2008, Marillion a été prolifique questions albums (la preuve là), s'est séparé de sa maison de disque et a fondé son label. Ce groupe tourne aujourd'hui grâce à lui seul et se paie même le luxe d'avoir 4 employés fixes. Les cinq membres de Marillion ont tous eu des projets externes. Le plus célèbre est probablement __Transatlantic__, sorte de mega-groupe de Prog, dont fait partie le bassiste de Marillion Pete Trewavas.

Marillion me ramène aussi à mon passé de musicien amateur. Batteur, j'ai fait partie de quelques formations régionales. Et comme ce qui se ressemble s'assemble, de nombreux amis musiciens écoutaient (sans entrer dans des détails d'intégristes) de la Prog. Les mauvaises langues disent que la plupart des groupes de "prog" ont avant tout un public de musiciens et c'est peut-être vrai. Ce qui est sûr c'est que j'ai de bons souvenirs de pèlerinage à des concerts improbables où nous allions prendre des leçons de musique à faire déprimer les plus motivés d'entre-nous et en y repensant, nous étions bien loin d'être les seuls….

Merci Marillion, merci.

Steeve Hogarth

Steeve Rothery & Steeve Hogarth

A gauche; Pete Trewavas

Ian Mosley derrière son kit Tama-Zildjian

Steeve Rothery

Les autres photos dans la galerie Marillion

mercredi 23 novembre 2011

Ca me turlupine...

C'est ce fameux adage qui me turlupine : "Le temps c'est de l'argent".

Bon, moi,du temps, ça va; pour le reste, j'attends... On m'a dit aussi que la patience est la mère des vertus. Faut pas exagérer non plus. Mais attendons.

Attendre, c'est perdre du temps, donc de l'argent. C'est décidé, je vais prendre du temps sur celui que j'ai gagné, du bon temps même que je vais partager avec vous, vous que je ne connais pas. Persuadé que vous aimez aussi partager votre temps avec l'espoir de ne pas vous faire perdre de l'argent. Ce qui me turlupine, c'est bien le temps, notre ennemi à tous, notre justice.

Les nuages et la vie passent Les nuages, poussés par le vent La vie, tirée par le temps

Nous vivons avec notre temps, il nous ceinture, il nous oppresse, inlassablement, il trotte, il sonne, il nous remet à l'ordre, il nous stresse, mais aussi, il nous arrange parfois, nous permet de respirer et nous apprend la vie .Notre bon vieux temps est découpé en minutes, en heures, en années. La dernière minute de l'année ,on la fête, on la compte à haute voix, comme pour l'oublier, on la jette comme un mouchoir en papier. On attend le nouveau jeu bien brassé avec beaucoup d'atouts. L'espoir d'un renouveau avec assez de temps pour en profiter.

Il m'a répondu "j'ai pas le temps", il s'agit certainement d'une personne mal organisée puisque nous avons tous le même découpage. Et là, nous guette un grand danger, celui de ne plus maîtriser notre espace et de dérégler cette belle machine à jamais.

Lutter contre le temps, on n'y parviendra pas, comme l'arrêter, si ce n'est avec votre appareil de photo ou une bonne anesthésie; mais là, le souvenir est perdu. Le temps, c'est de l'argent, oui, pour votre opérateur téléphonique qui attend la fin de la nouvelle année avec impatience. Dans le temps, il fallait se déplacer, mais aujourd'hui, par satellites interposés, on gagne du temps !

On doit pourtant pouvoir compter avec lui, car il nous est donné à chacun sa part.

Certains consacrent leur temps à calculer sa vitesse et il paraîtrait qu'un petite, mais infiniment petite modification est nécessaire quant à la vitesse de la lumière, mais c'est plus mon monde, sauf, éventuellement pour me donner une idée de l'infini.

Non, pour moi, même le clocher du village peut osciller, il n'influence en rien ma dernière cigarette. En cette fin d'année, je garde une image qui me plaît bien. Elle me vient du canton du Jura, où une école d'horlogerie doit être construite. C'est dans ces lieux que l'on maîtrise avec précision (suisse) le temps. L'on découvre alors que le site choisi cache des traces de dinosaures. Donc devant la porte, les souvenirs de plusieurs millions d'années et derrière cette même porte l'on dompte la nano seconde;e ncore un grand pas !

J'ai pris un peu de mon temps pour vous en parler avec le souci de ne pas vous avoir fait perdre le vôtre, et j'ai gardé l'espoir que votre nouveau calendrier sera plus beau dans ce nouvel espace temps et bien utile !

Comme qui dirait "voilà, j'ai fait mon temps..."

La pensée de l'édition, d'André Lozouet: "Le temps n'efface rien, Il chevauche les lendemains et poursuit son chemin."

dimanche 16 octobre 2011

La forêt enchantée

Il est des forêts enchantées, juste à côté de nos maisons. Parfois il faut un peu chercher son chemin pour les atteindre, mais lorsqu’on y arrive, c’est une véritable cure pour l’esprit que de se retrouver dans un tel environnement. On ne partage pas ces endroits avec ses pairs et pour cause; sûrement les souvenirs de chasseurs-cueilleurs survivent dans nos gènes et nous empêchent de divulguer nos espaces favoris. C’est armé de mon seul reflex que souvent je progresse sur les épaisses mousses humides d’une forêt peu connue -du moins je veux le croire-, et proche de chez moi, à l’affût d’images à emporter. Qu’importe si ma carte mémoire est pleine ou vide, tout ce qui est respiré, ressenti et vécu dans ces moments n’est que pur bonheur. Pour peu, on se laisserai porter par les légendes qu’elles soient celtes ou contemporaines, car les forêt enchantées, par leur douceur, nous donnent l’envie d’y croire....

C'est une balance des blancs perturbée par une forêt "enchantée" qui donne cette image, comme quoi l'électronique...

Certes pas comestibles....

Fin de course...

Dernière fleur de saison

Beauté éphémère (par définition de la beauté) de la rosée

lundi 10 octobre 2011

C'est si simple

Etre simple...Oui, mais le rester, vaincre la tentation d'une fausse excellence, de vilains gestes, de mauvais choix vestimentaires, uniquement pour paraître. Quelqu'un a écrit "c'est si simple" et il a ajouté"d'aimer"...

A l'époque, j'ai signé immédiatement sans lire les conditions, c'étaient mes folles années. Depuis, j'ai lu et je suis resté simple, même si le contrat n'a pas été entièrement respecté. Aujourd'hui, je baigne dans la simplicité, je me surprends avec mes mains pas très propres sur mes jeans et j'ai même vendu mes huit cuillers en argent, m'a grand-mère m'ayant quitté avant la douzaine! Non,tu vois,d ans cette belle simplicité, ce qui me désole parfois, c'est mon voisin, un bon type, mais que je soupçonne de médisance, soupçons que je cultive pour le bon voisinage. Il chuchote, à qui veut bien l'entendre, que je me complique beaucoup trop la vie. Tu te rends compte! Mais comment lui expliquer la simplicité, lui qui porte au quotidien son fardeau de principes -il est même à cheval dessus-.

Il me parle alors d'habitudes et qu'il ne faut pas tout mélanger. C'est vrai, nous avons tous nos petites habitudes et quelques principes parasites. On ne va pas chercher un appartement à Martigny, avec un t'shirt du FC Bâle, en principe! Le matin, au moment d'ajuster mes chaussures, c'est toujours par la droite que je commence, la même chose avec mon pantalon...Alors, principe ou habitude ?

Il faut respecter son cerveau, c'est tout. Même en rentrant avec les chaussures à la main, ton cerveau, certainement surchargé sait ce qu'il fait. En début de journée, en sortant de ma maison, je me dirige à droite, jamais à gauche, question d'éducation peut-être, et toujours accompagné de mon ombre fidèle. Mon personnage noir est ainsi devant moi; il me guide, on dirait; surtout, il respecte ma philosophie, celle de vivre son présent en regardant l'avenir. Il m'encourage pour un jour de plus et dans la fidélité, on ne fait pas mieux. C'est aussi la raison de mon départ à droite. La nuit, il ne m'abandonne pas, c'est alors mon ombre lunaire, plus discrète, plus pâle, inquiétante même. Mon personnage lunatique va croiser l'ombre du lampadaire qui tourne en comptant les heures et qui rassure un autre voisin invisible derrière son petit rideau.

C'est donc en toute simplicité que ce matin-là, mon chemin s'allonge et que je rencontre cet homme musclé qui agite une machine pétaradante et fumante. Lui, il coupe les ombres; il doit alors déplacer son sac à chaque ombre perdue, pour garder son contenu au frais!

Comme un dernier cri avant de toucher le sol et prouver s'il en est besoin son importance.

Inévitablement, j'arrive où mon ombre va se cacher, sous mes pieds; je veux fuir le zénith et me protéger pour attendre que ma terre tourne un peu et rentrer avec mon compagnon toujours devant...

Je cherche un arbre bien joufflu et évite la dangerosité des rayons.

Je voudrais rêver quelques instants, mais un rêve simple, d'une belle histoire, mon histoire. Je jouerai le premier rôle, avec mon texte, mes lumières, mon décor, un rêve seulement pour moi. J'y mettrai une histoire d'amour, si je veux! La mienne certainement, parce que platonique, où tout est possible... Nos ombres collées sur la route des fonds, deux mains unies sur la terre battue pour rejoindre la cascade et se perdre dans la poussière d'eau coloriée par notre soleil. Enfin, le rêve quoi! simple comme l'auteur, comme le spectateur.

Toujours devant, mon compagnon noir me montre le chemin du retour et je rentre dans ma maison par le nord. Une journée toute simple, mais comment expliquer à mon voisin qui a déjà les épaules cassées par le poids de ses principes.

Je renonce et continue à rêver,c'est plus simple.

dimanche 9 octobre 2011

Lettre ouverte à Francine John-Calame, Conseillère nationale NE les Verts (les vrais)

En pleine campagne électorale, vous figurez en bonne position sur les listes des Verts respectivement pour le Conseil des Etats et pour le POPVertsSolidaritéS au Conseil national, c'est bien. De fait, vous êtes candidate à votre réelection. Pour être réélue, vous devez donc faire campagne comme vos camarades, quelles que soient leurs couleurs - ce qui est le cas de le dire-. Cette campagne est agrémentée de débats politiques télévisés. A Neuchâtel, c'est un face à face sur Canal Alpha, chaîne régionale jurassienne fort heureusement diffusée localement, qui a motivé ces quelques mots à votre intention, aidé il est vrai, par une météo peu engageante à une activtié extérieure.

Je dois bien reconnaître que je n'ai pas regardé ledit débat jusqu'au bout, tant le concept de cartes et des "joker" est ridicule, sans parler du modérateur principal qui est au journalisme ce que la Trabant est à la voiture non-polluante[1]. L'émission est mauvaise, part dans tout les sens, donne trente secondes à des politiciens souvent amateurs et s'exprimant mal, pour faire passer des idées finalement assez complexes. Bref, il faut être passionné de politique locale ou membre de la famille de l'un des invités pour la regarder jusqu'au bout. Soudainement, dans cet échange pour le moins stérile et auquel je prêtais une oreille distraite, voilà que vous déclarez que "l'adhésion à l'Union Européene, reste une priorité". Je sors alors de ma torpeur, pose mon journal, augmente le son, pensant avoir rêvé ou simplement mal compris. Mais en regardant bien l'image de mon superbe écran LCD, je constate que je ne suis pas entrain de suivre une archive de la TSR de décembre 1992. Non; malgré votre allure "70's" c'est bien vous en 2011, le visage stressé, fixant avec méchanceté le médecin UDC qui vous fait face, et qui pourtant ne représente pas un grand danger, puisqu'il ne fait que peu de doute, qu'il sera renvoyé dans sa clinique privée par la sanction populaire des urnes. Non je n'ai pas rêvé, vous l'avez bien dit, l'adhésion à l'UE fait partie de vos objectifs. Francine, vous permettez que je vous appelle Francine, vous êtes juste en retard de deux guerres, de deux cracks boursiers, de quatre présidentielles françaises, de deux tours jumelles, d'un "printemps arabe" de deux tsumanis, d'une crise de l'Euro et de quatre albums de Britney Spears. L' Adhésion à l'Union Européene....... Je n'en croyais pas mes oreilles, même pour les partis de gauche, dont on peut facilement imaginer que vous les trouviez probablement trop à droite, il n'est plus question d'y penser. Le contexte international a telllement changé que c'est à se demander à quelle époque vous vivez. Si aujourd'hui (en 2011) les Européens avaient le choix, et ce qui n'est pas le cas, la plupart sortiraient de la communauté européene. Pour exemple, le Royaume-Uni et les pays du nord n'ont pas adhéré à l'Euro et savent bien pourquoi, il ne sont d'ailleurs pas près de le faire. Même les pays les plus pauvres comme la Grèce se demandent sérieusement s'ils ont fait le bon choix et les exemples sont légions dans le sud de l'Europe. Le Parlement européen est une immense machine à vapeur, qui ne fait qu'émettre des réglements que les Etats membres peinent à appliquer, l'exemple de la réglementation de l'endettement des Etats membres est criant, même la France n'y arrive pas. Francine, vous savez très bien qu'à l'heure actuelle, un adhésion de La Suisse à l'UE serait une catasrophe économique pour notre pays, un appauvrissement de la classe moyenne, un démentèlement de notre agriculture et de notre industrie. Vous savez très bien -du moins je l'espère car vos propos permettent d'en douter- que le modèle européen tel qu'il est aujourd'hui ne va pas perdurer et devra muter en profondeur dans sa forme, sous peine de démentèlement pure et simple à moyen terme. En fait, c'est à se demander si vous savez de quoi vous parlez.

Le peuple neuchâtelois, a son lot de politiciens célèbres, mais malheureusment, il en cultive ces dernières années de bien mauvais et de bien maladroits, tout partis confondus. Depuis ce mauvais débat, vous faites désormais partie à mes yeux de ces derniers. Comment vous faire comprendre que vous représentez les intérêts d'un canton et que pour vos électeurs -s'il en reste- l'adhésion à L'UE est bien le cadet de leurs souçis. Nous aspirons entre autres à ce que l'économie de notre région soit forte et perdure, que notre canton se désendette et présente des finances saines pouvant ainsi remplir son rôle d'Etat, nous voulons des moyens de communications et de transports efficaces, des hautes écoles qui s'affirment au niveau national, une qualité de vie supérieure à la moyenne dans un environnement sain, et j'ai presque envie de terminer en ajoutant "Bordel" tant vos propos sont "hors cadre" dans le contexte actuel.

Chère Francine, même si le débat de Canal Alpha, certes insignifiant au niveau national, a bien peu de chance de porter à conséquences, je vous souhaite une sanction électorale, laquelle aura le mérite de renvoyer à votre parti la responsabilité de présenter des candidats qui oeuvre pour une politique responsable orienté vers l'avenir et non pour des idées dépassées. Le monde va vite, il est temps de vous en rendre compte.

Dans l'attente de votre prompt retour aux Planchettes/NE, recevez Francine, l'assurance de ma considération pour le moins quelque peu imparfaite.

Notes

[1] Oui le terme "émission zéro" est plus adapté

lundi 3 octobre 2011

Nouveau rédacteur

Petite révolution sur theNostromo.ch. Un deuxième rédacteur partagera désormais l'espace virtuel de ce blog et publiera des billets de son village nommé Finhaut, accroché au le flanc d'une montagne valaisanne. Mais qui est-il ce nouveau rédacteur ? Un proche bien sûr, qui lui ne se cache pas derrière l'anonymat de la grande toile et assume pleinenement son patronyme aux yeux du monde. Expérience de partage d'un espace d'expression si petit mais aux diffusions si grandes qu'on préfère ne pas y penser. Qu'importe, la plume aiguisée, son style me plaît, il a donc toute sa place, alors partageons, car il est temps.

Le non retour

Comme chaque année, aux prémices des grands froids d`hiver, je reviens à l’orée du village prendre mes quartiers. Là où je suis né. J'y retrouve ma maisonnette bien propre et parfois repeinte par deux couches. Le vent froid du nord est bien coupé, la pluie se casse sur son petit toit et la neige venue l’isole naturellement. Aux premiers gels, je me retrouve donc les pattes au sec avec les becquetées abondantes. Même si pour une bonne sélection, nous devrions nous débrouiller avec dame nature, il est tout de même agréable de pouvoir casser la graine à volonté en tout temps. Je partage ce petit espace avec la merlette grisonnante aux yeux déjà tristes et quelques vilains moineaux qui squattent toutes les maisonnettes du village dans une ronde bien organisée. Mauvaise surprise cette année pour mon retour, c’est un abri vide que j’ai trouvé, pas l’ombre d’une petite graine, rien de rien. Que se passe-t-il ? Suis-je en avance ? Pourtant, les cheminées fument, les fenêtres sont embuées et le givre tient bien la branche. De plus, le gros chat noir un peu raciste, le beau tigré très malin et la chatte angora bonne-mère ne sont plus à leur poste à surveiller nos allées et venues de leur œil mi-clos et hypocrite. Signes qui ne tromperaient pas la souris dernière de classe. C’est mon amie la merlette grisonnante aux yeux déjà tristes qui m’informe de la gravité, elle qui ne court plus la forêt pour l’amour, sait tout de l’actualité communale, et de m’apprendre que notre gentille grand-maman propriétaire de l’endroit est partie un jour de cet été.

Ses enfants ont porté de lourds bagages vers une grande voiture et s’en sont allés avec notre nourricière. Le plus grave, me dit la merlette grisonnante aux yeux encore plus tristes, il paraît qu’elle ne reviendra plus chez nous.

Les petits volets restent désormais clos. La neige s’accumule devant la porte fissurée et la pâle lueur de l’ampoule d’angle a disparu, L’endroit est abandonné comme notre maisonnette.

Mon amie, la merlette grisonnante aux yeux définitivement tristes me dit enfin qu’elle ne partira pas et que je pourrais lui rendre visite quand bon me semble. Jai repris mon envol en me promettant une pensée particulière pour Noël à toutes les grands-mamans et touts les grands-papas qui ne pourront malheureusement pas décorer le sapin au fond du salon car, dans les établissements médico-sociaux, tout est bien organisé.

Bien à vous. 02.10.2011