The Nostromo

jeudi 28 février 2013

1986

La nostalgie est peut être normale à mon âge, ou alors est-ce la déferlante d'archives toujours plus accessible du net qui l'alimente ? Aucune idée, mais j'aime me souvenir et encore plus de retrouver sur la toile des images oubliées depuis longtemps. C'est aussi une manière de porter un regard sur la culture qui a baigné mon adolescence, avec toute la réflexion de l'expérience d'une moitié de vie.

Alors je vais mettre un peu de sens à ces souvenirs et particulièrement ceux qui concernent la musique. L’émotionnel est très lié à la musique, un simple mélodie peut vous faire basculer des années et des années en arrière, à une époque heureuse ou pas. C'est d'ailleurs le fond de commerce d'Alain Morisod!

Très arbitrairement, je vais commencer ce périple dans le passé par l'année 1986, car là, j'ai quinze ans et je découvre, incrédule, le monde. J'aime, je déteste, je commence à comprendre que la suite ne va pas forcément être simple. 1986, c'est un peu l'année où je me suis réveillé. Mais pour l’histoire avec un grand H, 1986 reste une année relativement riche en évènements. Je parle bien sûr de ceux qui m’ont marqué comme la démonstration du savoir-faire russe en matière nucléaire, dans l’usine jusqu’alors inconnue de Tchernobyl en Ukraine, ou encore la navette Challenger qui aussitôt partie vers l’espace est redescendue sur terre sous forme de petits morceaux de métal incandescents, cosmonautes compris. En 1986 le monde est divisé en deux: Les bons et les méchants. Par chance j'étais chez les bons, d'ailleurs ne dit-on pas "l'ennemi est bête il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui" ! Bref, le mur de Berlin et là pour nous rappeler qu'il y a deux mondes dans le monde. Sinon les conflits se portent bien, il y a des guerres dans le Golfe persique, au Liban, en Amérique du sud, en Afrique. Plus légèrement, dans le monde de l’art, c’est des sorties de films au cinéma dont quelques-uns deviendront cultes, c’est aussi des artistes « français » -majeurs ou pas- qui se tuent en moto ou en hélicoptère et Téléphone qui raccroche définitivement. Mais 1986 c’est aussi –et on en a peu parlé- mon camp de ski à Zinal où j’ai personnellement trouvé qu’il faisait beau y être...

Musiques et vidéos

Pas facile de faire une sélection, mais commençons par l'"original soundtrack" du film Rocky IV. C'est un des premiers films que j'ai vu au cinéma, un mercredi après-midi, accompagné d'une adolescente qui, si le monde n'avait pas été injuste, aurait dû se marier avec moi(!) Bref le cinéma avec les filles, c'est l'étape de la vie qu'on n'oublie pas.... Survivor passait en boucle sur Music Box, l'ancêtre de MTV. Le film lui est un navet, mais à l'époque j'avoue que je n'en m'étais pas aperçu

Mister Mister n'a pas fait beaucoup d'albums, même si les musiciens qui composent ce groupe poursuivront des carrières plus ou moins réussies à l'instar de Pat Mastelotto le batteur. Broken Wings restera à jamais en moi.

Toujours la même année, les excellents Van Halen et leur nouveau chanteur me font comprendre qu'il n'y a pas que Michel Sardou qui a de jolies lumières sur scène et que le rock FM attire bien plus les jolies filles....

Les Pet Shop boys arrivent au début 1986 avec West End Girls. La déferlante brit pop ne me laisse pas indifférent, mais ça sera leur seul titre qui me fera vibrer. Très bonne vidéo au demeurant.

Le milieu des années 80 c'est aussi des groupes qui nous ferons rire encore longtemps et qui laisseront un trace caricaturale de la décade. Je me souviens très bien d'Alphaville qui rencontrait un immense succès auprès de mes congénères à l'école. Alphaville était un groupe allemand qui a connu un immense succès et dont les membres devaient prendre beaucoup de drogue. Résultat; une sorte d'électro-pop-kitsch, merci à eux !

Plus sérieusement, en 1986 je découvre Fugazi, le deuxième album de Marillion. C'est la révélation. Quelque chose me correspond si profondément que Marillion reste aujourd'hui un groupe que j'écoute régulièrement, comme vous avez certainement pu vous en apercevoir au travers de mes billets. Pour la petite histoire, je n'ai découvert la vidéo d'Assassing que bien des années plus tard, car en 1986, ça ne passait pas à la TV. Ici nous avons droit à une version "Alternate mix" très intéressante. Je reviendrais plus tard sur ce groupe

La première fois que j'ai vu la vidéo de Rock me Amadeus, je me suis dit que le gars qui avait fait ça était un génie ou un fou. La production de ce titre est extrêmement bien foutue et mérite -pour les amateurs- un écoute sous casque. Pour la petite histoire Falco s'est tué en voiture en 1998 à Madagascar. En Allemagne, un film lui a été consacré. Ce titre a quand-même été classé N°1 aux USA, ce qui est une performance.

En suivant ce lien, vous verrez une superbe version live de Rock me Amadeus avec un philharmonique et Thomas Lang -pour les connaisseurs- à la batterie.

Bon il y a les inévitables "Fab' five" Duran Duran, qui fort de leur succès planétaire, sortent le finalement assez bon Notorius. Allez hop un extrait, car j'aimais aussi ça.

Pour finir avec la pop, il y avait bien sûr Prince, dont on se moquait de sa voix si aiguë dans Kiss, mais dont je comprendrais que plus tard le génie de cette chanson.

Puis il y a David Bowie, sans qui le monde serait différent j'en suis sûr. En 1986, Absolute Beginners, film musical sort et dont est extrait ce "soundtrack"

Cinéma

Impossible de mettre toutes les vidéos des films que j'ai découvert en 1986, alors je vous renvoie à des liens pour les extraits; Dans le désordre, Highlander que j'avais adoré, ou le génial premier épisode de Retour vers le futur. L'incroyable Kamikaze avec Galabru en fou furieux, et l’affiche de Platoon qui a tellement marqué mon esprit que je me souviens même où elle était placardée dans ma ville d'alors. Bien sûr il y en a eu bien d'autres, mais en 1986, aller au cinéma explosait mon budget...

Dans le genre, Live to tell de Madonna est un tube énorme en 1986, mais le film Comme un chien enragé (At close range) dont est extrait cette chanson vaut le détour.

Voilà pour l'année 1986, bien sûr que j'ai probablement oublié plein de bonnes choses, je vais essayer de me rattraper avec l'année 1987 !

samedi 12 janvier 2013

Aventuriers pas si ordinaires

Il est des gens sur cette terre qui vont au bout de leurs idées, par conviction, par goût, par envie et qui, comble du luxe, n'ont pas peur du vide, ni de se lancer à l'aventure. Parce que c'est précisément bien plus dur de se jeter dans la mare lorsqu'on a tout; de magnifiques enfants heureux et en pleine forme, un job sympa, pleins d'amis qui vous aiment, un break allemand, un iPhone….

J'ai donc un pote sur cette terre, qui avec ses deux enfants et leur mère, ont (presque) tout liquidé pour partir à l'aventure, loin. Mais loin, très loin, genre l'Amérique centrale, et pour longtemps. Deux années exactement.

Soit, cette incroyable motivation a pour trame de fond un projet dit "de coopération". Bon, il n'est pas religieux -c'eut été une insulte à leur subtile clairvoyance-. J'abonde donc. N'y voyez surtout pas des humanitaires neuneus, partis se soigner eux-mêmes sur le dos des plus malheureux. Non, là c'est laïc, modeste, sérieux, bref utile. Alors, qui de nous oserait le faire ? Pas moi visiblement puisque je reste là. Devant la formidable aventure de cette famille, je suis béat d'admiration, car j'adore l'esprit et admire le courage.

Suivez donc les extraordinaires aventures des henryjaquet.ch et pourquoi pas adhérez à leur projet.

L'organisation pour laquelle s'engage Anouk, la compagne de mon pote, déploie ses efforts dans plusieurs pays, dans un but de coopération et de promotion de paix. Bien qu'à l'origine d'obédience chrétienne, Eirenne Suisse est totalement laïque. Visitez le site pour une information complète. http://www.eirenesuisse.ch/

vendredi 16 novembre 2012

Les Alliances

Pour survivre, l'homme, dès qu'il fut doué d’un peu de réflexion, a très vite dû établir des stratégies. Parmi celles-ci, se trouvent les alliances. S’allier par nécessité sous-entend une concession contre nature, quelque chose d’obligé, mais qui ne sert que son intérêt. L’alliance; non pas celles que l’on passe autour d’un annulaire, promesse d’une vie de bonheur, quoique… (et si elle était aussi stratégie en l'espèce?)

Mais revenons à ces alliances, celles que l’on convient avec généralement un ou des individus que l’on apprécie que très moyennement et pour un objectif précis mais inatteignable sans eux. Oui la vie est dure et l’alliance a ses effets pervers, contre nature, inavouables, honteux, voir moches.



De nos jours, ou plutôt à notre époque, les plus touchés par ces alliances contre nature sont les gouvernants, hommes d'États, politiciens ou encore monarques, et ils apprennent très vite l'art de l'alliance contre nature, pour atteindre un but quoi qu'il en coûte. En totale contradiction avec notre morale judéo-chrétienne ou même sociale, les alliances se font et se défont au gré des évènements. Reconnaissons à nos politiciens, particulièrement en période électorale, une certaine habilité dans l'usage des alliances contre nature. Encore heureux, me direz-vous que nos énarques cravatés, nés pour conduire le peuple, puissent poignarder -si possible dans le dos- leurs congénères, pour peu qu'ils aient l'outrecuidance de quelques velléités électorales. Paradoxalement, l'alliance contre nature n'a que peu cours dans nos cages d'escaliers. La locataire irascible du 3ème à gauche ne fera jamais schmolitz avec le concierge, même pour gagner un jour de lessive, question d'honneur.

Mais alors la fourberie serait-elle l'apanage des élites ? N'y aurait-il qu'en politique où des amis de trente ans se déchirent pour un trône dans l'hémicycle ? Et bien je vais vous rassurer; les fourberies et les trahisons sont légions à tous les niveaux. Que celui qui n'a pas été victime ou simple témoin d'une belle petite trahison dans sa famille, son club de pétanque ou à son travail, jette la première pierre.

Quel que soit notre niveau social, nous nous apparentons tous, de près ou de loin, à un clan, un côté ou un courant. Les raisons en sont simples. Vivre ou travailler en groupe nous oblige à adopter ces codes d’alliances. Malheureusement ces codes ou règles sont établies par ceux qui dirigent. Nos vies sont rythmées par des cycles, un peu comme ceux que l'on observe dans la nature. Il nous parait donc normal qu'un d’entre nous fomente un putsch pour éjecter celui qui occupe le poste ou la situation désiré, et le remplace si sa stratégie est gagnante.

En cela, c'est précisément le cycle qui est intéressant. Dans tous clans, lorsque la tête tombe et roule aux pieds des prétendants, les servants, amis d'alors, s'entre-déchirent pour la place vacante. C'est exactement ce que vit un parti politique en France en ce moment (UMP). A bien plus petite échelle, cette logique implacable s'applique aussi. Pas besoin de dire à un loup qui il devra frapper le moment venu. Alors si je peux me permettre, il est bien plus agréable d'être spectateur qu'acteur de ces alliances contre nature, car voyez-vous, regarder s'étriper les loups entres eux a quelque chose de ma foi sympathique, voir même jubilatoire pour peu que le perdant du jour était le gagnant d’hier, c’est un peu de Justice dans ce monde de peine.

mardi 16 octobre 2012

Marillion, Sounds that can't be made

C'est à chaque fois la même chose. Le temps défile -pour moi- un peu plus lentement dès qu'un nouveau Marillion s'annonce à l'horizon. Marillion, le plus que trentenaire, arrive encore à provoquer cette impatience si perceptible.

Mais il est finalement arrivé ce 17ème album studio. Fidèle à eux-mêmes, nos cinq génies ont partagé, via leur plate-forme internet, avec leurs fans la composition de l'album et proposé un extrait juste avant sa sortie (Power). Plus grand-chose d'original en fait, puisqu'ils pratiquent ainsi depuis plusieurs années.

Ce qui est toujours pareil, c'est le silence complet de la presse face à Marillion. Seuls les sites dédiés ou "spécialisés" écrivent sur eux, comme s'il était impossible aux généralistes d'en parler.

En fait, Marillion est prisonnier de son image, depuis les années 80's (période Fish et le succès de Misplaced childhood). Pour illustrer mes propos, on peut comparer à d'autres groupes comme Van Halen ou AC/DC, qui souffrent des mêmes symptômes; leurs "chanteurs-leaders" sont partis depuis bien longtemps, mais rien n'y fait. Dans la mémoire collective, les groupes sont associés à leurs premières images et pour les fans de la première heure, il est impossible qu'ils fassent mieux qu'avant.

Pourtant chez Marillion, Steve Hogarth, le chanteur actuel, fait partie du groupe depuis plus de vingt ans, alors que Fish n'aura fait en définitive que 10 petites années avec, certes, des albums désormais historiques et une décennie devenue culte. Mais depuis 1989, date de leur séparation, Marillion a composé de véritables Chefs-d'œuvre comme Brave, Marbles ou plus récemment Hapiness is the Road. Ajoutons à cela l'habile développement d'une plate-forme commerciale via le net pour s'affranchir des majors. Mais voilà, toujours rien dans la presse. Marillion n'intéresse pas les élites journalistiques.

Mais vu la qualité de "Sounds that can't be made" on pourrait presque se dire que les rédacteurs de l'actualité musicale sont de sacrés incapables, juste bons à chroniquer la musique sortie des usines à tubes. Comment passer à côté de ça…. 70 min de musique de haut niveau, 8 morceaux de choix, un album abouti, avec des passages énormes et quelques clins d'œil à leur passé, de vieux réflexes, mais si magiques avec le son d'aujourd'hui. Une chose est sûre, Marillion fait du Marillion. Comme dirait un célèbre comique,tant pis pour les ignorants. Cela dit, qu'ils passent à côté de cet album ne les fera guère souffrir, car finalement le monde de la musique est si vaste. D'ailleurs Marillion a-t-il besoin de reconnaissance ? Non. Chaque concert affiche complet et Marillion, comme ses fans se sont passés depuis longtemps de la couverture médiatique. L'essentiel est ailleurs.

Marillion: Sound that can't be made, 2012.

jeudi 11 octobre 2012

Escapade burgonde (WE plein air 2, le retour)

En lieu et place d'un week-end sportif, le club des 5 a opté cette année pour un petit séjour en Bourgogne. Cette année, pas de trottinettes infernales, de nuits sous tentes, de marches forcées ou de tractions intégrales anglaises. Nul besoin d'être un historien titré pour se situer en Burgondie. A plus ou moins chaque visite de cave, l'autochtone, fier de sa région et de ses origines vous fera un rapide cours d'histoire, afin de vous rappeler où nous sommes et pourquoi le pinot règne en maître dans le secteur.

Parfois, notre accent trahissant nos origines, le Bourguignon encaveur ne peut s'empêcher de se remémorer de douloureux faits historiques, où il fut renvoyé à ses rupestres cuves vinaires, par de solides helvètes fermement décidés à en découdre. Mais laissons l'histoire à l'histoire et revenons-en à nos topettes.

Avec seulement deux petites journées à disposition, nous avons dû faire un choix quant aux caves à visiter. La première faisait suite à de bons souvenirs de 2004, où la dégustation d'un Santenay nous avait laissé les papilles en émoi. Nous y sommes donc retournés. Puis c'est au marché de Beaune et son magnifique centre-ville, que nous nous sommes rassasiés sur une terrasse ensoleillée. A Beaune, on peut dire que l'on mange plutôt bien à la Grilladine. Le menu bourguignon se laisse déguster, accompagné du nectar local, vendu certes un peu cher. Les prix suscitent parfois le débat autour de la table, mais ne changent pas le goût heureusement. Mais les prix pratiqués rendent le vin élitiste dans les restaurants, dommage.

La deuxième demi-journée, consacrée aux Côtes-de-Nuit n'aura pas été vaine. Le Nuit-Saint-Georges tient ses promesses, celles de bonheurs gustatifs et de réjouissances culinaires.

Ach la France….

mardi 4 septembre 2012

Fin de service pour le Nostromo

Le ronronnement caractéristique du Nostromo mut par son fabuleux TD5 ne raisonnera plus autour de chez moi. Une page importante de ma vie mécanique se tourne. Voilà presque 10 ans, je faisais une acquisition un peu folle. Un –ou une- superbe Land Rover Defender 110, station wagon, avec l'idée de voyager loin. 10 ans plus tard et une préparation "raid" de base, j'ai fait à peu près tout ce que j'espérais avec cette fabuleuse machine: Tunisie, Maroc, Sahara occidental, Mauritanie, Jordanie, Syrie, Turquie, Grèce, Grande-Bretagne, Écosse, Irlande, France, Ukraine, Pologne, Roumanie, quelque 75'000 km de vacances. Certes pas toujours comme je l'aurais espéré, la vie ne nous laisse pas si facilement réaliser nos rêves dans leur entier, heureusement peut-être.

Le Nostromo va permettre aujourd'hui à d'autres d'accéder à de fabuleux endroits comme seules les 4 roues motrices issues du "Fine British Engineering" permettent de le faire. Bien sûr je ne renonce pas à "l'usage de ce monde", mais je vais désormais le faire différemment.

C'est une époque que je vois s'en aller, en regardant une dernière fois le Nostromo, le cul tourné à son désormais ancien port d'attache. Nos chemins se séparent ici. Toute ma vie je reverrai dans mes souvenirs les pistes magnifiques du Banc d'Arguin, de Grand Erg Oriental, du Wadi-Rum ou du Guelb El Richat. Sa silhouette légendaire et indémodable aux lumières de bivouacs merveilleux. Je me souviendrai de ces nuits magiques à l'abri des éléments et de tant de ciels étoilés, couché sur sa galerie.

Bonne route….

et un petit souvenir animé:

mercredi 20 juin 2012

Classic days (Landeron Classic 2012)

On le sait le temps passe, les choses changent, nous échappent, un peu comme l'eau de source que l'on tente en vain de garder dans ses mains. Pour la majorité d'entre-nous, les souvenirs d'une époque heureuse ou bénie hantent nos esprits. Mais on peut aussi être nostalgique d'un temps que l'on n'a même pas connu mais dont on aurait tant aimé en être. Par idéal ou qui sait, par méconnaissance.

Les passionnés de voitures anciennes sont souvent nostalgiques de l'époque de leurs vénérables mécaniques. C'est ce que j'ai pu constater au Landeron Classic, rassemblement sans équivalent de voitures anciennes (jusqu'à 1978) dans le cadre splendide du vieux bourg du Landeron. Habillés d'époque, certains participants ont vraiment donné l'impression qu'on avait changé de temps.

Ajoutons à cela que la technologie actuelle de l'image donne très facilement à chacun la possibilité de transformer sa photo en cliché noir-blanc, granuleux aux bordures troubles et jaunies. Des centaines de ces images sont ainsi diffusées sur la planète web, s'incrustant peut-être pour toujours dans l'autre dimension, celle du numérique.

Ainsi les souvenirs neufs de notre passé ont de l'avenir...

La galerie photos du Landeron Classic, édition 2012

Quelle année pour cette image ?

dimanche 29 avril 2012

Duran Duran

On a tous un point faible. Moi c’est Duran Duran. Oui, je l’avoue c'est plus fort que moi, je tape du pied chaque fois que j’entends les lignes de basse aguicheuses de John Taylor ou les vocalises de Simon Le Bon. C'est mon côté pop que j'essaie d'enterrer depuis si longtemps. Je dirai même que Duran Duran a du pouvoir sur mon inconscient; en trois notes il me transporte instantanément à travers le temps, dans une chambre d’adolescente que je fréquentais jadis. Me voilà revenu à une époque insouciante et légère, percevant la mélodie de « the Reflex » sortant d’un JVC grésillant et sans basse. Posters aux murs, mon amoureuse d’alors avait les yeux brillants d’admiration en regardant John Taylor et sa coupe de cheveux improbable, en susurrant à mes oreilles Hungry like the wolf. Mais qu’est-ce qui provoquait une telle passion hystérique chez les sujets femelles adolescentes de la race humaine à chaque fois qu’apparaissaient, sous quelques formes que ce soit, les "Fabulous five" ? Je n’ai jamais vraiment trouvé (ni cherché) de réponses à tout ça, mais j'ai souvenir qu'il fallait être inventif pour épater les filles, obnubilées qu'elle étaient par la parfaite esthétique des Duran Duran. De fait, le seul constat que l’on pouvait en tirer, c’est que contrairement à ce que disaient les curés de campagne, nous ne sommes de loin pas tous égaux.

Vers la fin des 80’s, je dois confesser que le sort de Duran Duran m’importait peu. Voyant au loin la sortie mon adolescence, je m’étais déniaisé de la pop servie par nos nouvelles « radios libres » d’alors et j’étais bien plus passionné par d’autres courants que celui de groupes dont la principale activité est de remplir des stades de gonzesses plus ou moins prêtes à tout -ceci dit, soyons bon joueur, relevons la performance-.

Pour les méticuleux, l’histoire de ce groupe est évidement remplie de moult rebondissements, séparations - reformations - re-séparations et autres projets solos plus ou moins heureux. Bref les ingrédients d’un vrai groupe comme il se doit. Je ne vais donc pas développer l'histoire de Duran Duran, d'autres l'ont très bien fait ici.

Question albums, en 1990, j’avais mis trente balles -une fortune à l’époque- dans le best of Decade, que j’écoutais en cachette pour m’éviter les railleries de mes potes d’alors, plutôt nourris à la culture rock prog. Puis, j’avais même acquis Big Thing (avec du retard). En 1994, je découvrais un live acoustique absolument génial sur MTV (unplugged), malheureusement jamais sorti officiellement en DVD ou autres, mais qui me révèlera un peu tardivement que Duran Duran c’est aussi d’authentiques musiciens talentueux. D'ailleurs, en suivant ce lien, vous assisterez à une belle performance "accoustique sur Come Undone avec la regrettée choriste et chanteuse Lamia.

C’est tout personnel, mais Duran Duran est à l’origine de quelques perles comme l’incroyable et méconnue « My Antartica » ou encore « Do you believe in shame ».

Ce que j’aime chez eux, c’est qu’alors qu’ils étaient des mégas stars planétaire, ils ont pris une direction musicale bien plus expérimentale qui leur a fait perdre à peu près 80 % de leurs fans dans les années 90’s. John Taylor aura été le plus prolifique en matière de projet solo. Je pense à Neurotic Outsiders, groupe formé avec Steve Jones un ex-Sex-Pistols et Duff Mc Kagan ex Guns n’Roses. Un seul album, mais une sacrée démonstration de rock pour un bassiste à groupies.

Cela dit, Duran Duran est revenu en force en 2011 avec un nouvel album et surtout une vidéo qui arrache sévère sur la dure vie des mannequins et leur dépendances au luxe. Après les stades de groupies des 80’s, place aux mannequins délurés dans des palaces de luxe et champagne pour tout le monde. Ah il a l’air malin notre curé de campagne. Non vraiment, on est de très loin pas tous égaux. Le titre Girl panic et sa vidéo finalement assez drôle, en disent long sur le sujet.

En novembre 2011 à Klosters/GR, je suis allé voir Duran Duran pour la première fois de ma vie. Le groupe se produisait dans un festival pour riches, sur fond de concours de polo sur glace (si c’est vrai, même moi je n’aurai pas pu l’inventer!). En sortant de ce concert, je me suis fait cette réflexion; Si à 50 balais j’arrive à faire les choses que j’aime avec un sourire identique à celui que John Taylor arborait ce soir-là en jouant de la basse, j’aurai probablement réussi à donner un vrai sens à mon existence.

dimanche 22 avril 2012

La vierge du Baron

Seul devant, assis sur mon village, plus exactement sur une terrasse qui refuse l’ombre et plus confortablement sur une bonne chaise, celle qui ne laisse pas de trace, interne ou externe, facile à quitter, une chaise bien étudiée que l’on ne trouve pas hélas dans les salles d’attentes où le temps paraît plus long, ceci expliquant cela. Seul devant donc, n’y voyez pas là ma position lors d’une épreuve sportive, il faudrait alors que l’imagination, même débordante, dépasse la réalité, ce qui est impossible chez moi. A propos d’imagination, il en faut un peu-beaucoup, mais je subodore que vous n’en manquez pas pour lire ces lignes. Seul devant, assis dès lors dans mon théâtre imaginaire, je vous sens derrière spectateurs d’un jour bien installés dans cette salle que je nomme Finhaut.

En face un petit hameau accroché comme un miracle à la pente rocheuse, abandonné, oublié au bout d’un chemin surprenant, déserté avec ses interrogations, c’est Litroz ma scène à l’envers des convers. Le décor est planté. Une caricature fait l’essentiel de l’affiche pour un spectacle que je sens déjà retentissant par l’écho de la roche. Le rideau s’ouvre. Apparaît, seul sur cette scène le Baron de l’endroit, un petit homme à la barbe blanche bien embroussaillée, les cheveux en vrac dépassant d’un chapeau qui visiblement n’en finit pas de vieillir, une blouse sans couleur de magasinier fortement allergique au fer à repasser et de bottes en caoutchouc disproportionnées à notre petit homme. Un regard malin de brocanteur se devine dans ce décor. L’acteur du moment lance alors à la cantonade d’une voix forte qui surprend et paralyse l’assistance : « Ne négligez pas l’absurde, il peut vous enrichir »

Ici se termine mon théâtre imaginaire pour la vraie et belle histoire de la vierge du baron.

Pas de sang bleu pour notre homme, un titre qui lui vient comme une étiquette de la rumeur publique lors de l’achat de (son village). Ce jour là, de passage à Genève, ville qu’il fréquente régulièrement pour affaire, véritable mine pour brocanteur, dit-il. Un détour s’impose chaque fois chez Emmaüs, son supermarché en quelques sortes où l’action du jour se transforme en surprise. Mais il faut avoir l’œil, ceci étant l’arme de notre commerçant. Il déambule assez rapidement car ses objectifs sont professionnels donc bien ciblés. Il reste indifférent à l’odeur qui baigne en ces locaux, un mélange des métiers qui va du vieux livre à la cire bon marché pour embellir l’ancien meuble. Il est vrai que chaque profession à son odeur, pensez à votre dentiste, votre boulanger, votre marchand d’huile de chauffage, votre fleuriste, votre fromager et votre cordonnier, une exception pourtant poussez la porte de votre banque, (si pas automatique), aucune senteur, ce qui nous prouve que l’argent n’a pas d’odeur, or mis celle du désodorisant appliqué à hautes doses par la belle dame qui vous précède et qui se mélange dangereusement avec celui de l’employé. A ce propos, ayons une pensée particulière aux chauffeurs de bus dans le petit matin.

C’est dans cette atmosphère que notre baron est stoppé net dans cet inventaire à la Prévert, son regard est comme paralysé par celui d’une grande statue empoussiérée. Bizarrement, même en se déplaçant, ces yeux ne le quittent pas, on dirait la Joconde, pensa-t-il ! La Sainte-Vierge, les bras tendus, accueillants, c’est comme un rêve, une illumination, sensations brèves mais fortes qui l’éloignent quelques instants de la réalité. Mais que fait Marie dans cet amas de vieillerie et de plus chez les protestants ? C’est perturbé, voir fâché que notre commerçant interpelle l’employé du moment visiblement d’une autre culture et s’entendre répondre en mauvais français, que pour cent francs il pouvait « l’en débarrasser ». Le souffle court, notre baron lui tendit immédiatement un billet bleu presque avec plaisir, ce qui est rare chez un brocanteur. L’urgence était d’alors de quitter ces lieux et d’éloigner Marie de la cité de Calvin.

C’est incroyable, ce que ce petit homme peut changer l’atmosphère par un sentiment de nervosité, c’est qu’il veut disparaître au plus vite avec son acquisition, le bougre. Il s’agite beaucoup à résoudre le premier problème qui se présente, à savoir, rejoindre l’automobile avec délicatesse. Le climat se détériore rapidement dans son espace et perturbe peu à peu les bras ballants qui ornent les allées de ce grand bazar. Il réussit à emprunter un engin à deux roues pour un déplacement plus aisé. L’image est belle, la Sainte Vierge quittant la Genève protestante sur un diable. La route n’est alors qu’un long monologue, son ange-gardien le félicite pour son achat alors que son petit diable lui promet une bonne affaire de plus. Mais non, notre baron reste convaincu que l’on ne peut vendre un objet saint. Par une nuit de bons conseils, il décide que Marie protégera, si elle le veut, son village, c’est ainsi qu’aujourd’hui, posée sur son socle, elle domine, les bras accueillants ce pittoresque endroit. Précision, son regard fixe la porte d’entrée de la maison préférée de notre propriétaire. Au petit matin en ouvrant, il trouve ses premières vitamines, disait-il. Malheureusement aujourd’hui la demeure reste close. Pour ma part, permettez que je m’en retourne à mon spectacle imaginaire, c’est hélas la fin et notre acteur seul devant, sur cette belle scène, derrière une longue vue lance à la cantonade, « attention, on ne peut effacer les traces de l’insouciance ». Mon rideau tout aussi imaginaire tombe derrière les Perrons avec le soleil.

Contact : andre.lozouet@gmail.com

lundi 12 mars 2012

L'ennui visuel

Notre télévision nationale change de logotype. Sachant le sujet sensible, on nous avait un peu prévenu à l'avance dans une campagne d'information, vantant l'indispensable changement à venir. D'habitude, ce genre d'évènement est dû à des "bouleversements internes" opérés par l'entité désirant muer son apparence pour….mieux. Les raisons sont multiples, mais partent généralement du même déclencheur; Le changement de tête(s). Il est bien probable que notre ex-TSR ait encore une fois vécu ce type de "révolution". La direction nomme une nouvelle équipe de vainqueurs, qui va tout changer pour bien mieux qu'avant. Aux oubliettes les concepts éculés du début de 21ème siècle, une dizaine d'années sont déjà passées et la télévision n'est pas un magasin d'antiquaire. Mais voilà, c'est un exercice difficile de faire comprendre aux réfractaires, la nécessité de changer complètement un visuel. Si le monde du graphisme est d'une fécondité ahurissante, il a néanmoins un gros problème; Son client. Je peine à croire que le nouveau logo de la désormais RTS n'ait pas fait l'objet de moult "ajustements" du client. C'est pourquoi qu'en plus de ressembler un peu trop à celui d'un célèbre fabricant de logiciel, il est raté. Le nom à changé lui aussi, aujourd'hui nous devons dire: RTSun et RTSdeux à la place de TSR1 et TSR2 ! C'est vraiment très fort les gars, bravo. Mais rassurez-vous, ce n'est pas très grave, la Radio Télévision Suisse n'est finalement qu'un tout petit média face aux géants de ce monde. N'empêche que la Fox, la BBC et surtout CNN n'ont jamais modifié leurs logos. Allez savoir pourquoi…..

Il n'y a pas si longtemps, la ville de La Chaux-de-Fonds a une la mauvaise idée de dépenser plein d'argent (CHF 300'000.00) pour changer son "identité visuel". Hélas, le petit nouveau est tellement moche et ne ressemble tellement à rien que les autorités, sur pression populaire, devront revoir leur copie, avec en sus la mauvaise humeur des édiles. Bon, il est vrai que le logo de La Chaux-de-Fonds illustre plus le côté "je me fous de ta gueule à un prix de fou" que l'illustration figurative d'une ville qui se veut ….moderne.

Dans l'entreprise, qu'elle soit privée ou étatique, les changements de visuels sont légions. Il en est même dont c'est la spécialité. On change de logo tous les cinq ans, histoire de ne pas trop s'ennuyer et accessoirement de dépenser des budgets. Ainsi on permet à une élite de mettre leur touche personnelle à des institutions qui n'ont fondamentalement pas besoin de logo pour fonctionner. L'Etat aime changer le nom de ses services. C'est souvent à l'occasion de l'arrivée de nouveaux chefs que ces mutations se passent. Et hop un nouveau visuel, un nouveau nom pour un service dont la tâche et la raison d'être ne changent pas. Bien sûr tout ça à un prix, mais cela doit être drôlement nécessaire pour que personne ne remette en question ces caprices d'élus.

On se perd dans un monde où les priorités semblent tellement à côté de leurs cibles. D'un côté nous avons compris que nous devons agir d'une manière durable et réfléchie, et d'un autre, des villes endettées consacrent des budgets pour des logos dont tout le monde se fout, à l'exception des ces insupportables élites qui se gaussent de l'image qu'elles veulent laisser à la postérité.

Ajoutons pour terminer, que les grandes entreprises de ce monde, je veux dire celles qui réussissent vraiment ne change que très rarement de visuel. Bizarre non ?

Le Nostromo, lui ne changera pas. Na.